Décidemment, je continue à trouver ce fil très intéressant, même si, comme souvent quand des gens passionnés ont des points de vue opposés, il a parfois tendance à devenir schématique.
Quelques petites réflexions me viennent, je vous les livre sans façon pour prolonger le débat

:
Je crois qu’il y a autant de sevrages EAM qu’il y a d’éleveurs qui le pratiquent. Je veux dire que d’après moi, en fonction de la façon dont l’élevage à la main est pratiqué (le mode opératoire), ça peut plus ou moins bien se passer. Ce serait trop simple de penser que tous les eam tournent mal (du point de vue des conséquences psychologiques à long termes). La(les) relation(s) de l’oiseau dans sa famille d’adoption a(ont) sans doute aussi beaucoup d’influence, mais peut-être sur un autre plan, puisque ce qui découle de l’imprégnation est le plus souvent déterminant et irréversible.
Cela dit, je pense aussi que du point de vue de l’oiseau, l’EPP est mieux, plus naturel, mieux équilibré. Et si on pousse le raisonnement plus loin, voire même jusqu’au bout, il est clair que pour l’oiseau, il vaut mieux rester sauvage et ne pas vivre en captivité dans nos maisons, quelles que soient les conditions que nous essayons de leur donner (et à cet égard, certains ici m’épatent tellement ils réussissent à aller loin). Mais bon, ça n’arrange rien de dire ça, je crois que la plupart d’entre nous (moi y compris) préfère vivre avec une incohérence que sans leur(s) oiseau(x) apprivoisé(s).
Je crois fermement que la « vogue » actuelle des perroquets apprivoisés est liée au grand nombre d’oiseaux eam disponibles. Beaucoup de gens sont séduits et en achètent sans savoir suffisamment à quoi ils s’engagent, d’où de nombreux problèmes et abandons, comme nous le savons tous ici. Les gens ne se rendent pas compte qu’un jeune perrok, même eam, même bien apprivoisé, n’est pas un chaton ni un chiot à plumes : la relation n’est ni si évidente ni immédiate. Les conséquences négatives de la méthode de sevrage ne font que s’ajouter à ces difficultés.
Demander que l’éleveur soit attentif à ses clients, qu’il les sélectionne, vérifie leur motivation et leurs connaissances, refuse ceux qui ne sont pas prêts, etc, est à mon avis illusoire. Choisir l’acheteur n’est probablement possible que pour l’éleveur amateur/occasionnel, qui a d’autres sources de revenus et peut se permettre de ne pas rentrer dans ses frais. Je pense que celui qui doit en vivre et en faire vivre sa famille ne peut se permettre d’être trop difficile. Ce sont donc les acheteurs, plus que les éleveurs, qui doivent être sensibilisés. Ce sont toujours les acheteurs qui font la loi. Je crois donc qu’on n’en fera jamais assez pour informer, conscientiser et motiver les acheteurs (notamment pour qu’ils n’insistent plus pour avoir leur bébé le plus tôt possible, quitte à bâcler le sevrage !), mais s’en prendre aux éleveurs, c’est se tromper de cible (bien sûr, il s y a des éleveurs qui sont négligents et qui s’en foutent. Je parle plutôt des autres).
Comme d’autres qui l’ont exprimé ici, je pense que beaucoup moins de monde achèterait un perrok epp, parce que même si une très chouette relation est possible, c’est quand même beaucoup plus exigeant. Pourtant, il y aurait toujours beaucoup d’amateurs. Il suffit de repenser au trafic d’oiseaux sauvages (gros chiffre d’affaire au niveau mondial), conduisant à la raréfaction voire à l’extinction de tant d’espèces avant que les élevages et l’interdiction des importations (cites) existent. Ce n’est pas si lointain. Il y avait déjà une forte demande (et des prix plus bas), mais, vu les difficultés, l’oiseau était souvent confiné dans une petite cage, sans en sortir. Ce n’est pas idéal comme tableau. Pour moi, l’élevage a permis de réduire fortement le pillage des espèces sauvages, ce qu’il était urgent de faire. Tant qu’une demande existe, en dépit des lois de protection, un trafic existera si des oiseaux d’élevage ne sont pas suffisamment disponibles. Donc, tjrs à mon humble avis, tant qu’une demande existera, il faut préserver l’élevage, et encourager les éleveurs respectueux, compétents et bien informés.
J’ai alors des questions : les gens étant ce qu’ils sont, est-il possible d’avoir des élevages privés rentables sans faire d’eam ? Un éleveur vendrait-il suffisamment d’epp pour arriver à en vivre ? Honnêtement, je n’en sais rien, mais j’en doute.
Je ne doute pas que les gens réellement passionnés et suffisemment disponibles arrivent à bien apprivoiser un epp, mais ces gens sont peu nombreux. Quelles sont les conditions de vie des autres epp ? Laissés à l’écart avec peu d’interactions ? Les plus chanceux d’entre eux aboutissent au refuge ? Beaucoup d’eam, grâce à la bonne relation qu’on peut avoir avec eux, sortent beaucoup de leurs cages, ont des jouets et installations valables, et beaucoup d’interactions.
J’en viens à me demander alors (je ne suis pas arrivé au bout de mes réflexions

) si l’eam (ou éventuellement le MAN), en permettant des relations plus faciles, ne comporte quand même pas globalement plus d’avantages, pour les perroks en général, même sans ignorer les problèmes individuels qui surgissent souvent, à l’adolescence ou un autre moment ???
Et ça irait dans doute encore mieux si les amateurs étaient mieux informés, ce à quoi contribuent beaucoup de membres de ce forum.
Qu’en pensez-vous ?
Merci de m’avoir lu !