EAM, MAN ou EPP?

Problèmes de santé, de comportement, signes de faiblesse. Posez vos questions, ou proposez vos trucs maison.

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EAM, MAN ou EPP?

Messagepar Fernand » Mar Oct 26, 2010 11:44 pm

Aujourd’hui, les gens qui désirent acquérir un perroquet ont beaucoup plus d’informations qu’il y a à peine 15 ans. Avec l’arrivée du net et le fait que le perroquet gagne en popularité, les données sont beaucoup plus accessibles et variées. Les découvertes, tant sur la santé que le comportement, amènent beaucoup de réponses mais aussi beaucoup de questionnement… Quand j’ai acheté mon premier perroquet en animalerie il y a 9 ans, je ne me suis pas posé trop de questions… Je voulais qu’il soit en santé et lui donner la meilleure nourriture possible afin qu’il vive longtemps. Un peu comme je l’ai fait avec les nombreux animaux qui ont partagé ma vie. C’était sans compter que le perroquet est plus complexe…

Mais justement, pourquoi le perroquet serait plus « difficile » à garder ? La seule réponse qui me semble valable est que le perroquet peut être apprivoisé mais est encore loin d’être un animal domestiqué, un peu comme le chien ou le chat. Simple me direz-vous ? Pas si vous partagez la vie d’un perroquet au quotidien et qu’en plus vous faites face à des problèmes de comportement (cris, picage, morsures, etc…). Au fil du temps, des gens se sont intéressés à ces différents problèmes et ont cherché les solutions mais aussi les causes. Plusieurs pistes ont été et sont explorées. Une de celles-ci est de vérifier si la méthode de sevrage ne serait pas en cause. Chaud sujet sur les forums de discussion qui amène les acheteurs à se poser des questions sur la meilleure méthode pour la santé(surtout mentale) de leur nouveau protégé.

Voici les méthodes actuelles :

EAM : Élevé À la Main. Cette méthode consiste à retirer l’oisillon du nid à un âge plus ou moins jeune (entre 2 et 4 semaines) et de terminer le sevrage par un humain. Le temps de sevrage total varie de 4 semaines pour les petites espèces à plus de 6 mois pour les grands perroquets comme le ara.

MAN : Manipulé Au Nid. On laisse les parents faire le sevrage mais on manipule les bébés au nid afin de les sociabiliser et les habituer à la présence humaine.

EPP : Élevés Par les Parents. Cette méthode implique que les parents font le sevrage complètement et les bébés seront apprivoisés seulement quand ils seront sevrés et sortis du nid.

L’EAM est certainement la méthode la plus utilisée aujourd’hui pour les oisillons destinés à devenir des animaux de compagnie. C’est la méthode que j’utilise lors du sevrage de mes bébés. Dans mon cas, la sortie du nid se fait entre 4 et 6 semaines dépendamment des espèces.

Cette méthode est souvent pointée du doigt quand vient le temps de trouver la cause à un problème. La plupart des intervenants se basent cependant sur des théories ou des patterns humains. On va aussi comparer le sevrage d’un perroquet à celui d’un chien, d’un chat ou même d’un porc. Mais un perroquet est un…perroquet ! Je ne peux moi-même répondre à la question. Seule une étude scientifique pourrait mettre en lumière la réelle incidence de l’EAM sur la santé mentale des perroquets. Mais comment faire une telle étude avec résultats vérifiables ? Une seule façon :

- Prendre 600 bébés perroquets et les diviser en trois groupes.

- Nourrir 200 bébés EAM, 200 MAN et enfin 200 EPP en les apprivoisant après le sevrage.

- Ces bébés seront ensuite éduqués de la même façon et vivront dans les mêmes conditions.

- Ils seront suivis à 6 mois, 2 ans, 5 ans et enfin 10 ans.

- Les résultats seront ensuite compilés et comparés.

Voici une méthode qui mettrait hors de tout doute en lumière l’incidence d’une méthode de sevrage ou d’une autre sur la santé mentale d’un perroquet. Des volontaires ???

De mon point de vue d’éleveur, non seulement le bien-être des oisillons est important mais celui des parents l’est tout autant. Ma position sur le sujet est de ne pas déranger les parents (sauvages) au nid afin de préserver leur intimité. Je ne voudrais pas non plus qu’ils abandonnent ou mutilent les bébés à cause de cette intrusion. Je préconise le EPP pour avoir de futurs reproducteurs. Pour les bébés destinés à vivre avec des humains, je trouve que le EAM demeure la méthode la plus pratique et appropriée. Les perroquets sont des animaux grandement adaptables et si cette méthode peut causer des problèmes, je demeure persuadé que l’éducation reçue pendant les premières années de vie du perroquet est encore plus importante que la méthode de sevrage elle-même.
Dernière édition par Fernand le Mar Oct 26, 2010 11:44 pm, édité 1 fois.
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Messagepar Jack-Do » Mer Oct 27, 2010 5:52 am

Intéressante réflexion Fernand, vraiment...
Bon, 200 bébés par échantillon, c'est peut-être un peu beaucoup. On en aurait déjà 20, correctement suivis en conditions contrôlées... Mais ce n'est peut-être pas nécessaire? N'y a-t-il pas déjà suffisamment de connaissances acquises en éthologie et en psycho animale pour répondre à la question? Après tout, l'imprégnation et disons au sens large la socialisation des jeunes individus vis-à-vis de leurs parentèle, leur groupe et leur espèce ont déjà été abondamment étudiés, non? Chez les oiseaux, ce sont surtout les gallinacés et les palmipèdes qui ont été largement étudiés. OK, ce sont des nidifuges, contrairement aux perroquets qui sont nidicoles, mais des nidicoles ont été étudiés aussi, comme le pigeon (et le goéland??). Ces questions ont aussi été étudiées chez les mammifères (chats, chiens, primates, dont l'humain) et les mécanismes sont globalement comparables, il me semble. En tout cas des comparaisons et des extrapolations sont faites.
Bon, je ne sais pas, je pose juste la question, au cas où quelqu'un ici est bien au fait de tout ça, mais peut-être que l'info est disponible et qu'il "suffirait" de la synthétiser en l'appliquant aux perroks, si c'est valide??

Je voulais te demander, Fernand, à toi et à toute personne ici élevant des petits EAM, comment ça se passe, une fois que vous avez commencé l'élevage à la main?
Les bébés sont-ils isolés? Un par un, ou toute la nichée ensemble, ou avec des petits d'autres nichées qui ont plus ou moins le même âge? Ont-il encore un contact ne fusse que visuel avec leurs parents ou d'autres adultes? Sont-ils séparés par espèce, ou pas particulièrement? Est-ce que tous les éleveurs procèdent de la même façon à cet égard?

Merci d'avance pour les réponses.
Bonne journée.
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Messagepar oceeane » Mer Oct 27, 2010 7:39 am

super ce post Fernand!je sais que,ca va faire fureur entre les pour EPP,EAM ,les deux,MAN ... :lol: enfin moi je sais que,je ne prendrais pas,apres reflexion un EPP,je ne me sens pas le "pouvoir" de réussir a l'apprivoisé,enfin je ne sais pas comment expliquer,bref,MAN me semble etre LA methode MAIS il y a enormement de rejet des bébés,des parents qui piquent leurs petit ou meme les suppriment,enfin c'est assez "dangereux" et si il arrive un probleme de rejet il faut que l'eleveur soit capable de pratiquer l'EAM,quand a l'EAM je trouve que c'est une bone methode,mais les avis sont tellement mitigés que je ne sais plus quoi penser! a au fait! quand tu dis que les bebes sont retirés entre 2 et 4 semaines et pour toi entre 4 et 6,c'est pas chez tous les eleveurs!Je connais principalement des eleveurs qui enlevent les petits tout petit (entre 1 et 10jours) ou sinon qui prelevent les oeufs et les mettent en couveuse! enfin bref,c'est quand meme de l'EAM :!: quoi que je me demande si il y a pas un "choc" par le petit quand il est retiré plus tard des parents,perroquet dans sa tete tout petit,puis humain (enfin c'est qu'on dit )... ca reste une question :!:
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Messagepar Peekaboo » Mer Oct 27, 2010 7:41 am

Jack-Do a écrit:Mais ce n'est peut-être pas nécessaire? N'y a-t-il pas déjà suffisamment de connaissances acquises en éthologie et en psycho animale pour répondre à la question?


Non. Ça me fait penser à un de mes programmeurs qui "relit son code" pour s'assurer qu'il fonctionne. Et quand moi je le teste, ça plante. C'est bien beau la théorie, mais on ne peut rien affirmer si on ne l'a pas vérifiée. Inutile de relire du code (qu'on a soi-même écrit, en plus), il faut tester.

En science, toute hypothèse, toute théorie, aussi élégante soit-elle, se doit d'être vérifiée et validée sur le terrain de façon pratique. Pas juste une fois. Plusieurs fois par plusieurs chercheurs. Et on compare les résultats pour vérifier si les conclusions vont dans la même direction ou non. Car il arrive que deux études similaires tirent des conclusions radicalement opposées. Pas facile d'établir une relation de cause à effet lorsque le nombre de variables est élevé et les données difficilement mesurables comme c'est le cas en psychologie (humaine ou animale).

La méthode scientifique est longue et fastidieuse, mais personnellement, je n'accorde aucun crédit à toute personne qui prend des raccourcis. Les idées sont peut-être intéressante. Vérifions-les maintenant. On affirmera après. Peut-être.
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Messagepar Mijo » Mer Oct 27, 2010 7:50 am

plus ils sont enlevés jeune, plus le manque de leur parent sera marqué. C'est pas nécessaire d'enlever les bébés si jeunes, c'est moins de travail pour l'éleveur et mieux pour la santé de l'oiseau. Enlever les oeufs et le retirer aussi vite provoque une nouvelle ponte ce qui fait plus de sous dans les poches des éleveurs mais des parents épuisés à force de reproduire :cry:

Aucun étude n'est fait chez les perroquets pour l'instant et on ne peut comparer les perroquets aux autres espèces ils sont bien différents et pour la plupart ne peuvent pas vivre dans nos maisons. Pour ma part je ne crois pas que parce qu'une personne fait l'élevage par exemple MAN et qu'il réussit que c'est la solution, les dangers sont plus présent pour les bébés, l'imprégnation reste la même et pour bien réussir il faut avoir des parents qui sont souvent eam donc imprégnés eux même... Le problème est toujours le même. Pour avoir une bonne idée il faut pouvoir suivre ses oiseaux sur plusieurs années et dans des familles qui ont les connaissances pour donner une bonne éducation aux oiseaux et ça on l'apprend quand on est dedans.
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Messagepar Jack-Do » Mer Oct 27, 2010 9:06 am

Peekaboo a écrit:En science, toute hypothèse, toute théorie, aussi élégante soit-elle, se doit d'être vérifiée et validée sur le terrain de façon pratique. Pas juste une fois. Plusieurs fois par plusieurs chercheurs. Et on compare les résultats pour vérifier si les conclusions vont dans la même direction ou non. Car il arrive que deux études similaires tirent des conclusions radicalement opposées. Pas facile d'établir une relation de cause à effet lorsque le nombre de variables est élevé et les données difficilement mesurables comme c'est le cas en psychologie (humaine ou animale).

La méthode scientifique est longue et fastidieuse, mais personnellement, je n'accorde aucun crédit à toute personne qui prend des raccourcis. Les idées sont peut-être intéressante. Vérifions-les maintenant. On affirmera après. Peut-être.


Je suis parfaitement d'accord. Il n'est pas question de faire des raccourcis (j'espère que ce n'est pas ce qu'on comprend en lisant ce que j'ai écrit :wink: ). Il est bien évident qu'il faut tester et faire des observations de terrain ou de laboratoire. Le but des expériences en labo (en psycho expérimentale, par exemple) est justement de réduire le nombre de variables pour y voir plus clair.
Cela dit, une théorie scientifique conduit forcément à généraliser des observations et des connaissances, c'est bien son but. ça n'a rien à voir avec des raccourcis. Sinon, on a juste une somme d'observations empiriques, et on n'en sort pas.
Ma question était simplement de savoir quel est l'état des connaissances actuel à cet égard, les miennes sont très incomplètes et commencent à dater.

Pour revenir aux EAM, il me semble que les conditions d'élevage peuvent tout changer quant aux éventuels troubles du comportements ultérieurs, d'où mes questions à ceux qui pratiquent cette méthode.

Merci d'avance à ceux qui voudront bien prendre la peine d'éclairer ma lanterne :)

Bonne journée
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Messagepar jovan » Mer Oct 27, 2010 9:17 am

Merci Oceane pour ton témoignage,c'est certain que le contact avec un bébé EAM est, pour l'humain plus interressant,il se laisse manipuler,il est mignon et colleux,demande nos caresses..etc..c'est plus FACILE.

Pourtant j'aie eue la chance comme certain sur le forum de vivre avec des gris EPP et d'autres EAM..et les plus facile à vivre étaient EPP,bien sur ils ne demandent pas notre attention,les calins sont rares,ils recherchent plus la compagnie d'autre oiseaux que de la notre,ils ne sont pas collés a nous dès qu'on entre dans leur pièce,ils ne crient pas pour avoir notre attention,leur signaux sont TRÈS clair.

Ont parlent beaucoup de leur capacité d'adaptation,de leur intelligence et de l'éducation..et pourtant on pense que les EPP ne sont bon que pour la reproduction..comme si EAM et EPP n'était pas la même espèce???

Leur capacité est la même..il faut juste donner du temps,de la patience et du respect.

Mais bien entendu prendre un EPP,c'est choisir un chemin plus difficile et ça l'humain n'aime pas,nous vivons dans un monde ou tout doit aller vite et nous demandons a nos animaux qu'ils nous aiment d'un amour inconditionnelle.

Notre grande soif d'attention et notre besoin de sentir qu'un animal dépend de nous pour vivre,supplante largement la réalité de ce que nous leur imposons comme vie...
Juste pour arriver a combler la notre.
jovan
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Messagepar PP » Mer Oct 27, 2010 11:35 am

Quand j’ai intégré l’univers des psittacidés il y a environ trois ans et demi, je n’avais aucune connaissance en matière de perroquet. Je n’étais pas particulièrement intéressée à ces animaux et je les ai choisis, car mon conjoint avait toujours voulu des becs crochus et ne pouvant assouvir mon désir d’avoir un chien ou un chat, je me disais à l’époque, je vais faire face à ma peur des morsures de ces becs impressionnants pour ainsi pouvoir profiter au moins de la présence d’un animal à la maison.

En découvrant ces êtres si spéciaux que nous avons le bonheur et la chance de pouvoir côtoyer, ma passion pour leur univers n’a cessé de croître au fil des mois. Au début, mes questionnements relevaient surtout de savoir comment subvenir à leurs besoins élémentaires de base tels que m’occuper de les nourrir et me préoccuper de leur santé.

Par la suite, plus mes recherches sur eux s’approfondissaient, plus les questionnements foisonnaient. J’ai commencé à m’intéresser à notre interaction avec eux et pour finir, l’interaction se faisant entre eux. Plus ma passion s’affermissait, plus mon désir d’en savoir plus que ce que je connaissais déjà des perroquets en tant qu’animaux de compagnie s’est fait ressentir, et j’ai commencé à rechercher partout des informations sur les perroquets vivant à l’état naturel.

De fil en aiguille, j’ai découvert les espèces en voie d’extinction, le problème du braconnage, les marchés illicites visant à assouvir le désir d’un particulier de posséder ces animaux incroyables. Plus ma conscience s’aiguisait, plus je désirais en savoir plus, et plus mon respect grandissait pour ces oiseaux, un ÉNORME respect.

Parallèlement, j’ai commencé à observer d’une tout autre manière mes compagnons de comment je les voyais jusqu’alors. Qu’attendais-je d’eux, si j’en attendais quelque chose de précis? Que fallait-il faire pour que je puisse un tant soit peu réparer ma faute initiale qu’il était pourtant nécessaire d’assumer pour pouvoir aller de l’avant, c'est-à-dire : acheter un oiseau, le mettre dans une cage et le faire vivre entre des barreaux ou entre quatre murs d’une maison.

Les questionnements ont déboulé les uns après les autres, et tout naturellement, je me suis trouvé face à la question CRUCIALE, les méthodes d’élevage. Mes oiseaux sont EAM, mais j’ai commencé à côtoyer des oiseaux EPP, et j’ai commencé à poser des questions dans mon entourage. La première d’entre toutes, pourquoi les nourrit-on à la main? Est-ce pour le bien-être de ceux-ci ou bien pour le confort des humains qui les possèdent? Quels sont les impacts psychologiques sur l’oiseau en devenir qu’aura cette méthode pour le moins contre nature et que l’on n’emploie habituellement que très rarement, en cas d’extrêmes nécessités sur d’autres espèces vivantes. Quels sont les enjeux qui ont poussé l’humain à vouloir utiliser cette méthode?

Alors la question de savoir s’il était préférable de faire de l’EAM, de l’EPP ou du MAN, n’a plus eu, depuis cet instant, aucun sens à mes yeux , à partir du moment où j’ai compris que la méthode employée relevait essentiellement et avant tout d’une nécessité humaine.

C’est à ce moment précis que je me suis dit, si posséder un oiseau veut dire l’ôter à ses parents pour en faire un compagnon à image humaine plutôt qu’à image perroquet avant toute chose, alors j’allais à l’encontre de mes principes fondamentaux sur la vie.

En conclusion, tu demandais Fernand si des gens étaient disposés à tenter l’expérience? Alors, je te réponds oui. Si dans le futur, j’avais les moyens économiques pour pouvoir acheter l’un de tes capes, serais-tu disposé toi-même à le laisser à ses parents le temps du sevrage complet? Le laisserais-tu socialiser et apprendre de ses congénères avant d’apprendre à être en présence des humains. Si moi, éventuelle future propriétaire, j’étais disposée à assumer les conséquences, c'est-à-dire, à accepter de vivre avec un perroquet plus indépendant, plus sociable envers les oiseaux qu’envers les humains et ne pas me soucier s’il est câlin ou non, laisserais-tu toi-même faire la nature?
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Messagepar Mijo » Mer Oct 27, 2010 1:18 pm

je vais devancer Fernand en disant que pour se faire il faut que son couple soit capable de faire lui même le nourrissage et le sevrage ce qui est loin d'être le cas. On oublie souvent que à l'état naturel la situation serait bien différente, les bébés restent très longtemps avec leur parent au moins le temps d'un autre couvée et donc ils peuvent aider aux parents et ils apprennent du même coup.
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Messagepar PP » Mer Oct 27, 2010 1:29 pm

Bonjour Mijo,

Si les couples sont en mesure de nourrir leurs petits de deux à six semaines, pourquoi ne seraient-ils pas en mesure de les nourrir au-delà de ce terme?
Si les couples sont issus du milieu naturel, pourquoi ne serait-ils pas en mesure d'assumer leur rôle de parents, ils ont pourtant appris de leur pairs et ont aussi des instincts reproductifs innés à leur espèce.

Si on ne les a pas laissé nourrir leurs petits jusqu'au terme du processus reproductif au moins une fois dans leur existence, as-t-on encore une fois estropié leur capacité reproductive en ne laissant pas la nature faire son oeuvre jusqu'au bout? Les parents sont tous parents une toute première fois avant de le devenir pour plusieurs fois, cela ne les empêche pas de procréer. Certains élevages laissent les oisillons au nid lorsqu'il s'agit de faire grandir des perroquets destinés à la reproduction, pourquoi dans ce cas précis, ne serait-ce pas possible?

Si cela demeure impossible, quels sont les critères qui motivent la décision de ne pas laisser les parents de tenir leur rôle de parents et de penser que cela est impossible?
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Messagepar Mijo » Mer Oct 27, 2010 2:03 pm

Les couples qui sont en reproduction sont pour la plupart des oiseaux nés en captivités. Beaucoup d'entre eux sont des eam qui sont restés assez sauvages et qu'on a pas réussis à vendre et souvent ce sont les plus agressifs parce qu'ils n'ont pas peur des humains. Puisque maintenant on ne peut plus prélevé d'oiseaux en nature il reste très peu de ces couples en santé au Québec ce sera bien difficile de tenter l'expérience.
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Messagepar Béa » Mer Oct 27, 2010 2:23 pm

Très bonne théorie Fernand, je te félicite... Chez moi il n'y a pas de repro et il n'y aura pas j'attends de l'oiseau un animal de compagnie tout en le laissant libre de ses mouvements, de ses humeurs et je ne change rien en son caractère.... Chez moi 5 pioux (dans l'attente du 6ème) et chacun a des intérêts différents, des relations différentes avec l'homme. Je respecte. Je prône chez les éleveurs compétents et là bien évidement il faut être attentif l'EAM :wink:
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Messagepar Fernand » Mer Oct 27, 2010 4:00 pm

Béa, ta philosophie rejoint entièrement la mienne.
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Messagepar Fernand » Mer Oct 27, 2010 4:08 pm

PP a écrit:
En conclusion, tu demandais Fernand si des gens étaient disposés à tenter l’expérience? Alors, je te réponds oui. Si dans le futur, j’avais les moyens économiques pour pouvoir acheter l’un de tes capes, serais-tu disposé toi-même à le laisser à ses parents le temps du sevrage complet? Le laisserais-tu socialiser et apprendre de ses congénères avant d’apprendre à être en présence des humains.


Quand je parle de tenter l'expérience, je parle des 600 oiseaux pour trancher la question une fois pour toute. Non pas de continuer à discourir selon des théories basées sur le raisonnement humain et nos observations souvent erronées. Vois-tu même si je laissais un bébé aux parents, il n'aprendrait que de ses parents dans une cage. On est loin de la sociabilisation avec ses congénères. Et quel serait le comportement des parents avec un oiseau supplémentaire dans leur environnement captif déjà réduit? À part lui montrer à aller aux bols de nourriture, je ne vois guère ce qu'ils pourraient faire de plus.

PP a écrit:
Si moi, éventuelle future propriétaire, j’étais disposée à assumer les conséquences, c'est-à-dire, à accepter de vivre avec un perroquet plus indépendant, plus sociable envers les oiseaux qu’envers les humains et ne pas me soucier s’il est câlin ou non, laisserais-tu toi-même faire la nature?


Mais ce n'est pas toi, Isabelle, qui va assumer les conséquences si ça ne marche pas... C'est lui :?
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Messagepar PP » Mer Oct 27, 2010 9:02 pm

Mijo,

Selon ton argumentation, cela sous-entend que ce serait faute de l'humain si les couples reproducteurs ne peuvent pas être de bons parents car ils seraient en quelque sorte victime de la manipulation de l’humain puisque non prélevés en nature. Les théories voulant que l’élevage des perroquets puisse contribuer à la préservation des espèces en voie d’extinction deviendrait caduque avec ce raisonnement. Cela voudrait dire que tous les couples issues d’élevages ne peuvent engendrer que des EAM et ne peuvent pas donc donner naissance à de futures reproducteurs, pourtant certains reproducteurs semblent sortir d’élevages, puisque des couples sont formés à cette fin. On voit, par exemple, en Europe qu’il y a des oiseaux EPP et pourtant je ne pense pas que tous les reproducteurs ont été prélevés en nature et doivent souvent être des perroquets de seconde voir troisième ou plus générations issues de couples prélevés en nature.

Fernand,

Selon ce que tu avances, la méthode EAM semble encore une fois n’être bénéfique qu’aux besoins des humains, puisque sous prétexte que l’on manque d’espace suffisant dans une cage pour contenir les parents et sa progéniture, il est préférable de faire de l’EAM plutôt que de l’EPP. Ce ne serait donc pas une problématique venant de l’oiseau mais bien encore un problème logistique auquel est confronté l’éleveur. Il y a pourtant des élevages ou les oiseaux sont en volière et donc ce genre d’argumentation devient aussi caduque si l’environnement dans lequel est élevé le perroquet est plus adapté à la reproduction et donc plus propice à l’épanouissement, et des oisillons, et de leurs parents. L’apprentissage d’une progéniture par ses parents ne se limitent pas à la prise de nourriture, mais l’oisillon devrait être en mesure d’apprendre à voler, à socialiser, à faire face au danger, à apprendre le langage de son espèce comme le toilettage mutuel, les signes de ses congénères comme l’utilisation de leur bec pour communiquer (savoir mesurer la force de celui-ci) etc. Il est certain qu’un oiseau ne pouvant voler et ceci vaut aussi pour ses parents, bénéficie de beaucoup moins d’épanouissement que ses pairs qui en ont la possibilité.

Par ailleurs, tu as mal interprété mon texte. Je n’ai pas écrit que j’assumerais un échec venant de l’oiseau, car je ne crois pas que cela pourrait lui être néfaste de vivre une vie en étant imprégné par ses congénères plutôt que par l’humain. J’écrivais que j’assumais le fait de vivre en compagnie d’un perroquet qui ne serait pas disposé à avoir des relations rapprochées avec moi. Pour moi, le fait d’avoir un cape serait déjà un bonheur en soit. Je me contenterais de pouvoir l’observer et d’être en sa présence au quotidien, je n’aurais pas besoin de lui faire des papouilles ou des bisous à tout vent.
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