par PP » Mer Oct 27, 2010 11:35 am
Quand j’ai intégré l’univers des psittacidés il y a environ trois ans et demi, je n’avais aucune connaissance en matière de perroquet. Je n’étais pas particulièrement intéressée à ces animaux et je les ai choisis, car mon conjoint avait toujours voulu des becs crochus et ne pouvant assouvir mon désir d’avoir un chien ou un chat, je me disais à l’époque, je vais faire face à ma peur des morsures de ces becs impressionnants pour ainsi pouvoir profiter au moins de la présence d’un animal à la maison.
En découvrant ces êtres si spéciaux que nous avons le bonheur et la chance de pouvoir côtoyer, ma passion pour leur univers n’a cessé de croître au fil des mois. Au début, mes questionnements relevaient surtout de savoir comment subvenir à leurs besoins élémentaires de base tels que m’occuper de les nourrir et me préoccuper de leur santé.
Par la suite, plus mes recherches sur eux s’approfondissaient, plus les questionnements foisonnaient. J’ai commencé à m’intéresser à notre interaction avec eux et pour finir, l’interaction se faisant entre eux. Plus ma passion s’affermissait, plus mon désir d’en savoir plus que ce que je connaissais déjà des perroquets en tant qu’animaux de compagnie s’est fait ressentir, et j’ai commencé à rechercher partout des informations sur les perroquets vivant à l’état naturel.
De fil en aiguille, j’ai découvert les espèces en voie d’extinction, le problème du braconnage, les marchés illicites visant à assouvir le désir d’un particulier de posséder ces animaux incroyables. Plus ma conscience s’aiguisait, plus je désirais en savoir plus, et plus mon respect grandissait pour ces oiseaux, un ÉNORME respect.
Parallèlement, j’ai commencé à observer d’une tout autre manière mes compagnons de comment je les voyais jusqu’alors. Qu’attendais-je d’eux, si j’en attendais quelque chose de précis? Que fallait-il faire pour que je puisse un tant soit peu réparer ma faute initiale qu’il était pourtant nécessaire d’assumer pour pouvoir aller de l’avant, c'est-à-dire : acheter un oiseau, le mettre dans une cage et le faire vivre entre des barreaux ou entre quatre murs d’une maison.
Les questionnements ont déboulé les uns après les autres, et tout naturellement, je me suis trouvé face à la question CRUCIALE, les méthodes d’élevage. Mes oiseaux sont EAM, mais j’ai commencé à côtoyer des oiseaux EPP, et j’ai commencé à poser des questions dans mon entourage. La première d’entre toutes, pourquoi les nourrit-on à la main? Est-ce pour le bien-être de ceux-ci ou bien pour le confort des humains qui les possèdent? Quels sont les impacts psychologiques sur l’oiseau en devenir qu’aura cette méthode pour le moins contre nature et que l’on n’emploie habituellement que très rarement, en cas d’extrêmes nécessités sur d’autres espèces vivantes. Quels sont les enjeux qui ont poussé l’humain à vouloir utiliser cette méthode?
Alors la question de savoir s’il était préférable de faire de l’EAM, de l’EPP ou du MAN, n’a plus eu, depuis cet instant, aucun sens à mes yeux , à partir du moment où j’ai compris que la méthode employée relevait essentiellement et avant tout d’une nécessité humaine.
C’est à ce moment précis que je me suis dit, si posséder un oiseau veut dire l’ôter à ses parents pour en faire un compagnon à image humaine plutôt qu’à image perroquet avant toute chose, alors j’allais à l’encontre de mes principes fondamentaux sur la vie.
En conclusion, tu demandais Fernand si des gens étaient disposés à tenter l’expérience? Alors, je te réponds oui. Si dans le futur, j’avais les moyens économiques pour pouvoir acheter l’un de tes capes, serais-tu disposé toi-même à le laisser à ses parents le temps du sevrage complet? Le laisserais-tu socialiser et apprendre de ses congénères avant d’apprendre à être en présence des humains. Si moi, éventuelle future propriétaire, j’étais disposée à assumer les conséquences, c'est-à-dire, à accepter de vivre avec un perroquet plus indépendant, plus sociable envers les oiseaux qu’envers les humains et ne pas me soucier s’il est câlin ou non, laisserais-tu toi-même faire la nature?
Lilou, (Youyou du Sénégal), Creton (Gris du Timneh), Caesar (Gris du Gabon)