Bon, O.K., je vais expliquer.
Il s'agit de vignettage, comme sur l'objectif "fisheye" de Shamane, mais en plus graduel. Bon, O.K. la question n'était pas simple.

FAcile de confondre avec du flou, surtout que c'est une photo prise dans l'ombre.
Le vignettage n'est pas uniquement un problème des objectifs très grand angle comme un "fisheye".
Le vignettage peut survenir sur un téléobjectif et se définit alors comme suit:
"Le vignettage est également propre au zoom en position longue focale et à grande ouverture : la lumière est répartie inégalement et le phénomène se traduit par une réduction progressive de la luminosité du centre vers l'extérieur de l'image. Le vignettage se crée à cause du manque d'homogénéité lumineuse des optiques : votre objectif va laisser passer davantage de lumière au centre. Parfois le vignettage est tellement discret qu'il en devient subtil : l'œil averti reconnaît alors sans hésitation le défaut de la photo prise à l'ombre d'un immeuble sur un ciel bleu et dont les couleurs sont atténuées dans les coins."
Source:
http://www.linternaute.com/photo_numeri ... ns/5.shtml
Lumière répartie inégalement; c'est le vignettage, comme vous pouvez voir sur la première photo, ci-dessous.
J'ai pris cette photo avec un téléobjectif Nikkor 24-70 F2.8. Il s'agit d'un objectif de niveau professionnel qui coûte deux bras complets et pourtant il produit du vignettage. Que se passe-t-il?
D'abord quelques détails sur le téléobjectif. On dit 24-70 pour indiquer la longueur focale que le téléobjectif peut utiliser, soit de 24mm jusqu'à 70mm. Ensuite la désignation du télé indique F2.8, parce que le téléobjectif peut ouvrir le diaphragme jusqu'à une ouverture de 2.8, ce qui est excellent dans l'étendue de longueur focale qui peut être utilisée par le télé (de 24mm à 70mm). Habituellement, surtout dans le passé, l'ouverture maximale du diaphragme d'un téléobjectif diminue quand on augmente la longueur focale. Prenons un exemple réel dans une autre marque, un télé de 17mm-85mm donne une ouverture de F4.0 à 17mm et l'ouverture est réduite graduellement jusqu'à F5.6, à sa longueur focale maximum de 85mm.
Les téléobjectifs qui ont la capacité de maintenir une ouverture maximale constante, par exemple, F2.8 entre 24mm et 70mm, ont une plus grande capacité de capter de la lumière. Cette caractéristique, seule, exige des optiques de plus grande qualité. Généralement quand des fabriquants (comme Nikon ou Canon) se donnent la peine de concevoir un téléobjectif de 24-70 avec la capacité de garder une ouverture à F2.8, ils y vont pour une qualité maximale, avec des optiques de haut niveau. Ils y vont aussi avec une construction "super" robuste et un bon niveau d'étanchéité. Incidemment, à sa sortie à l'automne 2007, le Nikkor 24-70 F2.8 que j'utilise a été coté (test de labo à l'appui) au plus haut niveau de qualité des grandes marques de fabriquant d'objectifs pour appareil réflex plein format.
À noter, à ce moment, j'avais acheté un appareil Nikon D300, un format Dx et non pas un plein format. Comme je savais déjà que dans le futur j'allais migrer vers un appareil plein format, j'ai donc choisi des objectifs pour aller avec un plein format (rapelez-vous, ils sont également compatibles avec le format Dx). J'ai alors acheté 3 objectifs en 6 mois: le Nikkor 24-70 F2.8, le Nikkor 70-200 f2.8 et mon objectif macro de 105mm F2.8. Il me manque encore le Nikkor 14-24 F2.8 pour avoir le "golden Trio" de Nikkor.
Pourquoi ne pas avoir acheté un seul téléobjectif de 28-300? La réponse est simple, à cause de la qualité. Pour maximiser la qualité, il est préférable d'avoir plusieurs objectifs qui performent au "top" dans leur étendue de focale qu'un seul qui donne des rendements moyens et parfois très mauvais sur toute son étendue, fut-elle de 28-300. C'est l'une des raisons pourquoi on voit des photographes se promener avec deux appareils réflex et un objectif différent sur chacun des appareils, avec en plus d'autres objectifs dans leur sac à dos.
Bon, assez de "placotage" sur les téléobjectifs, je reviens au vignettage.
Pourquoi un objectif, supposément au "top" donne du vignettage? Vous vous en doutez, ce n'est pas pour imiter des photos anciennes, loin de là.
La réponse réside dans l'évolution rapide des capteur des appareils réflex. Lorsque j'ai acquis mon téléobjectif Nikkor F2.8 24-70, à la fin de 2007, les appareil réflex n'avaient pas la même performance que ceux d'aujourd'hui. Mon D300 a un capteur de 12 Megapixel et les meilleurs appareils de cette époque récente donnaient 16 ou 18 Megapixel, si je me rappelle bien. Mais il n'y a pas que le nombre de pixel, il y a aussi la technologie utilisée pour construire le capteur, avec des paramètres tels la densité des pixel et le "pixel pitch", etc. Là ça devient très technique rapidement et ce qu'il faut retenir, ce que la qualité d'un capteur n'est pas reliée uniquement au nombre de pixel. Ce qu'il faut surtout retenir, c'est que les capteurs ont tellement évolué rapidement depuis 2007, qu'ils sont capable de "venir à bout" des objectifs de très hautes qualités conçus il y a à peine quelques années. En un mot, la qualité des téléobjectifs évolue plus lentement que la capacité des capteurs. Le capteur est alors à même de faire apparaître des aberrations optiques tel le vignettage sur des objectifs pourtant de haut niveau lors de leur conception.
Qu'est-ce que ça implique concrètement?
Idéalement, j'aimerais pouvoir "upgrader" mes objectifs, d'abord le 70-200 qui vient d'être remplacée par un plus récent dans la gamme Nikkor et ensuite le 24-70 dont le remplacement ne saurait tarder (un an ou deux) à cause de ce problème de vignettage que le nouveau Nikon D800 a fait apparaître sur ce téléobjectif. Il faut dire qu'avec 36 Megapixel et une technologie de capteur à la fine pointe, peu d'objectifs peuvent "résister" au D800.
Cet inconvénient est moins présent sur un objectif à focale fixe, en autant qu'il soit de haute qualité. Mon objectif macro de 105mm est encore au top et ne montre aucun signe de vignettage, même dans les essais contrôlés.
Que faire avec mes deux téléobjectifs?
Bon, je devrai attendre avant de mettre quatre bras et demie pour remplacer les deux.
Ce qu'il faut savoir, c'est que le problème est quand même minime, à peine perceptible à l'oeil sur cette qualité de téléobjectif, comme vous le verrez sur les photos ci-dessous. De plus, ce problème survient uniquement à l'ouverture maximale ou près de l'ouverture maximale. Dès que l'on utilise une ouverture de F5.6 et plus, le vignettage disparait.
Il y a aussi Nikon qui a pensé au problème, en insérant dans le menu du D800 et D800E la possibilité de contrôler le vignettage. L'appareil identifie le modèle de téléobjectif ou d'objectif et fait un ajustement, si la commande est activée dans le menu. Les concepteur de logiciels post traitement y ont également pensé. Dans Lightroom, il est possible de choisir un ajustement en fonction de l'objectif avec lequel la photo a été prise. Je coche "Activer les corrections de profil" et ensuite, je clique sur l'objectif que j'ai utilisé dans une liste déroulante et le logiciel fait un ajustement "au poil".
Voyons ce que ça donne dans la vraie vie.
D'abord la photo initiale:
et la photo avec ajustement de profil pour le Nikkor F2.8 24-70:
On peut voir la différence entre les deux photos. Les coins sont plus éclairés sur la deuxième pĥoto, le vignettage a été corrigé par Lightroom.
