Ce soir, retour sur une photo HDR.
Il s'agit en partie d'une répétition de mon premier message sur le même sujet, il y a quelque temps, mais plus en détail.
Il peut parfoir y avoir des répétitions, dans des contextes assez différents, je l'espère, pour ne pas trop rendre la lecture monotone. Mais il s'agit d'un sujet assez technique que je tente de vulgariser. Ça pourrait faire sourire biens des "Pro" de la photo mais ça coûte pas cher de l'heure pour celles et ceux qui pourraient avoir la patience de lire et de comprendre jusqu'au bout.
La photo HDR, pour high dynamic range, consiste à prendre (au trépied) une série de photo dont l'exposition varie afin d'aller chercher les détails qui sont perdus dans les zones sous-exposées et ceux perdus dans les zones surexposées. Lorsque l'on prend une photo dont une partie est sous-exposée, il y a une limite aux modifications que l'on peut faire en "post traitement" et des détails importants sont souvent perdus. Si la même photo est surexposée, les détails des zones sombres deviendront visibles mais ceux des zones bien exposées seront brûlés par l'excès de lumière. La solution consiste donc à prendre une série de photo d'une même scène en sous-exposant et surexposant chacune de ces photos à des niveaux différents.
Ce soir, j'utilise une série de 7 images. La première est prise en me fiant à la mesure d'exposition de l'appareil et les suivantes sont prises respectivement à une exposition de -3, -2, -1, +1, +2, et +3.
Si je remonte à samedi soir dernier, avant de débuter la séance dans la rue, j'essaie de répondre à la question "Quelles sont les difficultés que je pourrais rencontrer?"
La principale difficulté que j'entrevois est la limite d'ouverture (du diaphragme) que l'appareil va atteindre. La nuit, l'appareil va vouloir s'ouvrir au maximum pour laisser entrer suffisamment de lumière pour obtenir une photo correctement exposée. Plus il entre de lumière, plus la photo est claire. Moins il en entre, moins la photo est claire. Comme l'appareil atteint la limite de l'ouverture, les photos de nuit sont, généralement, sombres. Conclusion sur ce point: je ne pourrai pas faire varier l'ouverture pour la série de photo en question, l'ouverture va probablement rester au maximum et toutes les photos seront exposées de façon identique.
Pour contrer cette difficulté, je peux diminuer la vitesse. Une diminution de la vitesse a le même effet qu'une ouverture plus grande du diaphragme: il entre plus de lumière dans l'appareil. À l'opposé, il entre moins de lumière si on augmente la vitesse. Je peux choisir de faire varier la vitesse dans les commandes de "Bracketing" de mon appareil, au lieu de varier l'ouverture. Le problème que j'aurai alors sera une vitesse qui peut devenir trop lente. À vitesse trop lente, on peut voir apparaître des images fantômes et il y toujours de légères vibrations qui peuvent se produire même si j'utilise un trépied, un câble de déclenchement et que je pose avec la fonction "Miroir levé". En principe, il n'y a pas de vibration causée par la pression sur le déclencheur et il n'y a pas de vibration causée par le miroir qui lève et qui descend au moment de la prise de vue (pour laisser passer la lumière jusqu'au capteur). La fonction "Miroir levé" permet de choisir un délai entre la levée du miroir, la prise de vue, et la descente du miroir. J'ai choisi un délai d'une seconde, ce qui laisse le temps aux micro-vibrations de s'estomper avant et après la prise de vue.
Mais il peut y avoir quand même des images fantômes. Une image fantôme est causée par un objet (ex: une auto) ou une personne qui passe devant l'objectif de l'appareil au moment de la pose. Si par exemple, une auto passe à 50 Km/h devant l'objectif et que la vitesse de pose est fixée à une seconde, l'auto aura franchi 13,9 mètres pendant la pose. Il y aura une traînée en forme d'auto sur la photo. Pour éviter un trop grand nombre d'images fantômes, je devine (je suis toujours avant la séance de prise de vues), qu'il me faudrait combiner l'ouverture et la vitesse, pour avoir "le moins pire des deux mondes". La photo, c'est souvent des compromis de ce genre. Heureusement, en mode manuel, sur mon appareil, j'ai une commande qui me permet de faire une combinaison du bracketing de l'ouverture et de la vitesse. Cete commande m'évite de devoir varier manuellement la vitesse et l'ouverture à chaque photo de la série de 7.
Voyons ce que ça donne sur le terrain.
Voici la première photo prises à une vitesse de 1/10 (0,1s) de seconde, avec une ouverture de f2.8.
F2.8, c'est déjà l'ouverture maximum que mon objectif peut me donner. C'était donc correct de miser sur une variation de la vitesse. Toutefois ça signifie que l'appareil va pouvoir faire varier seulement la vitesse, et qu'il y aura plus d'images fantômes pour les vitesses lentes. Les sujets qui seront fantômes (dans la photo finale en HDR) apparaissent déjà sur la première photo. Il s'agit des autos, de la calèche et du passant avec son chien qui se seront déplacés à chacune des poses suivantes. Il y a aussi le brouillard qui va se déplacer, d'une image à l'autre et qui va compliquer le résultat final.
La deuxième photo ci-dessous est prise à +3. Pour ce faire, l'appareil a choisi une vitesse de 1/80 (0,0125s) de secondes en gardant toujours l'ouverture à f2.8. La vitesse est plus grande, il entre moins de lumière vers le capteur et la photo est sous-exposée. C'est bon. À ce point, si le résultat n'était pas bon, pas moyen d'arrêter, l'appareil va prendre toute la série de 7 photos avant de s'arrêter.
Cette photo permettra, plus tard à la maison, au logiciel HDR d'aller chercher les détails des objets très éclairés, les lampadaires et les lumières ambiantes.
La troisième photo ci-dessous est prise à +2, à une vitesse de 1/40 (0,025s) de seconde, toujours avec une ouverture de f2.8. La photo est un peu moins sombre, mais encore sous-exposée.
La quatrième photo ci-dessous est légèrement moins exposée que la première.
En fait, elle est correcte, c'est la première photo qui est légèrement surexposée, mais dans une série de 7, le résultat final devrait être acceptable. Si j'avais pris une seule photo de la scène, j'aurais retenu la photo ci-dessous.
Elle est prise à 1/20 (0,05s) de seconde, à f2.8.
La cinquième photo est légèrement plus exposée que la première, à une vitesse de 1/5 de seconde (0,2s) et une ouverture de f2.8.
La sixième photo est surexposée considérablement, par rapport à la première, avec une vitesse de 2/5 de seconde (0,4s) et l'ouverture de f2.8.
La 7ième et dernière photo est prise à une vitesse de 4/5 de seconde (0,8s) près d'une seconde) et l'ouverture est toujours à f2.8. Elle permettra d'aller chercher les détails des zones très sombres, les branches de l'arbre, à droite.
Le passant est disparu, la calèche s'est déplacée considérablement et les autos ne sont plus là, sauf une nouvelle qui arrive de face. Le brouillard me semble plus présent que sur la première image. Bon, il y aura beaucoup de travail à faire sur les images fantômes.
Voyons maintenant le processus avec le logiciel Photomatix Pro, pour fusionner les photos en HDR.
Je sélectionne les photos dans la bibliothèque de Lightroom. Avec le bouton droit de la souris, je choisis "Exporter Vers" et ensuite je choisis "Photomatix Pro"
La fenêtre ci-dessous s'ouvre et voyez les cases que j'ai cochées, dont celle "Effacer les images fantômes", "Outil de sélection manuelle" et vous cliquez sur "Exporter". Vous pouvez aussi utiliser Photomatix séparément (Stand alone). Vous devrez alors aller chercher vos photos dans votre répertoire sur le disque dur de votre ordi, en passant par Photomatix, plutôt que Lightroom.
À cette étape, si votre ordinateur est lent, et si les fichiers sont volumineux (ex: 74,5 Mb pour un Nikon D-800, format Raw) prenez votre mal en patience. Heureusement, mon ordi est assez performant.
Après avoir cliqué "Exporter", la fenêtre ci-dessous s'affiche.
Il s'agit d'une image intermédiaire qui vous permet de localiser les images fantômes et de les traiter.
Pour localiser les images fantômes, vous pouvez examiner la photo intermédiaire en détail et aller vos 7 photos sources (dans une autre fenêtre ouverte) pour faciliter cette étape.
Rapelez-vous, sur cette photo, il y a les autos, la calèche et le promeneur de chien.
Dans la photo ci-dessous, pour enlever les images fantômes, vous cliquez la case "Quick selection mode" et vous encerclez en tenant le bouton droit de la souris, les zonez où se situent les images fantômes.
Voyez les cercles blancs sur la photo.
Vous cliquez ensuite "Preview Deghosting" pour avoir un aperçu de l'élimination des images fantômes sur la photo intermédiaire.
Sur la photo intermédiaire, la calèche apparaît plus clairement, de même que les autos. Même chose pour le promeneur de chien mais comme j'ai mal recadrer la copie d'écran, le promeneur n'apparaît pas dans la photo ci-dessous.
Vous cliquez ensuite "O.K." et attendez le résultat.
Le résultat "par défaut" de Photomatix correspond à l'image ci-dessous.
Déjà pas mal, on voit très bien le promeneur de chien. La calèche est un peu floue à cause qu'elle a bougé dans le temps de pose et les voitures sont O.K.
On peut ensuite choisir des options d'ajustement de la photo. Voyez le menu en haut à gauche: "Tone Mapping" et "Exposure Fusion"
Comme vous pouvez voir dans la copie d'écran, la photo a été faite en "Exposure Fusion" qui était le choix utilisé lors de la dernière séance de travail avec Photomatix. Par défaut, Photomatix va utiliser vos choix de la session précédente.
Vous pouvez, à cette étape, également aller ajuster les paramètres du menu déroulant, à droite de l'écran de Photomatix. Vous ajuster chacun des paramètres selon vos goûts. Vous pouvez aussi cliquez dans les choix prédéfinis à droite. Cliquez sur une des vignettes qui reproduit la photo HDR et retourner dans le menu déroulant de gauche pour ajuster les paramètres.
Finalement vous cliquez sur "Save and Import"
Voici ma sélection dans la photo ci-dessous:
Le traitement HDR est mieux réussi que celle identique que j'ai mise dans le post "Une belle balade" (j'ai dû refaire le même processus sur la même série de photo pour la démo de ce soir). J'ai mieux réussi à éliminer les images fantômes. Toutefois, si vous regardez à droite de la photo, vous verrez une auto fantôme que j'ai oublié d'enlever, près de l'arbre. Autre point, le brouillard n'est pas trop prononcé.
Si vous remontez à la copie d'écran précédente, celle juste en haut, j'ai choisi "Tone Mapping"
Ensuite j'ai choisi dans les formats prédéfinis le format "Creative" que j'aime bien pour les photos de nuit.
Ensuite, je suis allé dans le menu déroulant des paramètres, à gauche et choisi les valeurs suivantes:
Strength: 66
Color Saturation: 40
Luminosity: 1,0
Detail Contrast: 10 (pour bien faire ressortir les détails, surtout qu'il y a du brouillard)
Lighting Adjustment: j'ai cliqué sur "Lighting Effect" et sur "Medium"
J'ai laissé les menus "More Options" et "Advanced Options" à leur valeur par défaut.
Pour finir: "Save" et "Import"
C'est promis, la prochaine fois, le sujet abordé sera beaucoup plus simple et court.
