Ce sujet, par ailleurs très controversé, a tendance à déchaîner les passions. Le texte que Johanne a posté est extrêmement intéressant et met en exergue la nécessité de penser avant tout au bien-être des perroquets plutôt que de défendre les propres intérêts des éleveurs. Plus je chemine dans l’univers des psittacidés et plus je prends conscience de l’importance de laisser les parents perroquets élever leurs petits. Je reprends ci-après des passages du texte de Johanne qui m’ont particulièrement interpelés et qui me donne des pistes pour comprendre les problèmes qui affectent notre cohabitation avec notre petite Lilou (youyou du Sénégal). J’ai déjà posté plusieurs messages à son sujet antérieurement sans jamais vraiment trouver de réponses à son comportement. J’ai cru fermement pendant longtemps que ces problèmes étaient exclusivement provoqués par mon attitude envers elle, mais je me rends compte, avec ce texte, que mon attitude envers elle n’est pas l’unique origine de son comportement envers moi, mon conjoint et son entourage.
Lilou est une femelle youyou extrêmement sensible, intelligente et dynamique. Seulement, elle alterne des périodes d’agressivité plus ou moins intenses pendant l’année. Elle a aussi des attitudes qui nous semblent, à nous humains, contradictoires. En ce qui me concerne, elle me cherche, tente toujours de venir sur moi, demande à être caressée et subitement, va attaquer et mordre. Les premiers mois, elle me faisait des parades d’amour qui se sont espacées pour disparaître complètement. Avec mon conjoint, elle a des moments où elle ne va pas vouloir qu’il approche d’elle et d’autres moments, elle va lui faire des parades amoureuses très explicites, ces deux attitudes peuvent être alternées dans la même journée. Elle s’est beaucoup rapprochée de Creton, notre timneh, et se laisse faire les plumes et se faire nourrir par lui, mais quand il baisse la tête pour qu’elle lui rende la pareille, elle est incapable d’y répondre. Elle a fait une ou deux tentatives de lui faire les plumes, mais en cessant immédiatement, elle semble vraiment être incapable de savoir comment faire. Hier, Creton a dû faire face à son humeur belliqueuse, car celui-ci voulait s’approcher alors que Lilou faisait ses mamours à mon conjoint. Elle a chargé sans se soucier du danger si celui-ci avait tenté de riposter.
Nous avons fait garder nos pious chez Jovan et notre Lilou s'est comportée admirablement avec elle et les autres oiseaux présents. Elle a tenté de tester son conjoint, mais rien à voir avec son comportement à la maison. Je me suis posé alors la question suivante : est-elle heureuse avec nous étant donné qu’elle a tendance à me mordre fréquemment, a-t-elle vraiment la possibilité de s’épanouir chez nous? Je me suis demandé si j’étais vraiment la personne indiquée pour m’en occuper et si le fait d’être en ma présence ne lui ne causait pas plus de frustrations et de stress qu’autre chose. Cette situation m’attristait et je me demandais s’il ne valait pas mieux qu’elle partage le quotidien avec des personnes qu’elles apprécieraient mieux comme cela semblait le cas avec Jovan dès le premier jour. Quand je suis allée reprendre les cocos, j’étais anxieuse à voir sa réaction en me revoyant. Contre toute attente, elle a réagi en semblant être très heureuse de me revoir, elle sifflait, faisait des bisous sonores et a cherché à venir sur moi tout de suite. Le lendemain, ses attaques ont recommencé et j’ai eu le droit pendant une journée à pas moins de cinq morsures. Ensuite elle attaquait mes pieds et ne supportait pas ma présence près de sa cage. Elle a aussi tenté d’attaquer les pieds de mon conjoint.
Je tente toujours de comprendre son attitude qui semble à mes yeux contradictoire qui ressemble fort à ce que l’on dit en italien (je ne connais pas l’équivalent en français, mais l’anglais « love and hate » décrit ci-bas est finalement très proche de l’italien « amore / odio ».
Voici les passages qui m’ont interpelé et qui me font étrangement penser à Lilou :
. Hyper-attachement /hyper-dépendance /anxiété de séparation
. Comportement d’agression envers l’humain
. Territorialité (il n’est pas normal qu’un perroquet soit territorial)
4. Hyper-vigilance / Seuil de réactivité (émotionnel) très bas (répondent de façon disproportionnée à des stimuli extrêmement faibles qu’il s’agisse de stimuli visuels, tactiles ou auditifs)
6. À la puberté, l’oiseau démontrera des comportements sexuels aberrants (à l’humain) et maladroits, allant jusqu’à l’agressivité et on observera dans ses relations, des confusions entre jeu et agression (amusement et offensive).
8. La fréquence des agressions par irritation produites lors de contrainte ou dans un contexte émotionnel fort rend l’oiseau dangereux car imprévisible
Un perroquet dyssocialisé ne saura pas comment réagir de manière appropriée face aux sollicitations des autres oiseaux, il ne reconnaîtra pas les signaux de communication.
L’oiseau dyssocialisé n’ayant aucun point de repère réagira selon son tempérament par des réactions plutôt instinctives :
. D’extrême timidité
. De peur et de fuite et d’agressivité (s’il n’a pas la possibilité de s’enfuir)
. C’est l’oiseau agresseur sans contrôle d’intensité de l’agression et de la morsure (il n’a pas appris) – Cet oiseau mord très fort
. D’absence de contrôle de l’agression (avec humain, un autre perroquet et même le chien et chat de la maison) – Ce qui souvent met sa vie en danger –
Et la foutue relation « love and hate » - l’oiseau n’est satisfait que lorsqu’il a toute l’attention de l’humain. À ce moment il est des plus attentionnés et des plus charmants. Le comportement de l’oiseau envers l’humain chouchou change du tout au tout lorsqu’il est en présence d’autres personnes ou que l’humain est occupé ailleurs. À ce moment, le perroquet devient vindicatif, voire violent avec son humain d’attachement (violence conjugale), ce qui, vous en conviendrait, devient extrêmement dangereux pour l’humain en question.
Alors, si son comportement n’était pas uniquement provoqué par mon propre comportement vis-à-vis d’elle ou tout simplement par ma présence auprès d’elle comme je l’ai pensé depuis toujours, mais aussi par sa condition d’oiseau EAM mal dans ses plumes? Que faire dans ce cas, car je voudrais vraiment entrer dans un mode action/solution. Plus le temps passe (je l’ai eu à environ l’âge de 11 mois et elle devrait donc avoir environ trois ans et deux mois) et, plus ce pattern risque fort de devenir permanent, si ce n’est pas déjà trop tard. Considérant, par ailleurs, que moi-même et mon conjoint aimons beaucoup notre Lilou ainsi que Creton également, nous voudrions vraiment améliorer son bien-être et par la même le nôtre également. Je conclus en précisant tout de même que ses attaques ne sont pas toujours aussi fortes et régulières mais ont tendances à fluctuer pendant l’année.
Ce sujet m’amène aussi de nombreuses autres réflexions que je tenterai d’écrire plus tard.












