@ memphis784, si on veut faire l’élevage du perroquet en captivité, je crois aussi que le MAN est encore le meilleur qui soit pour le jeune perroquet. Il apprend qu’il est un perroquet (
c’est déjà pas mal) et il apprend aussi à interagir avec l’environnement dans lequel il sera appelé à évoluer.
En effet, il y a peu (ou pas connus) d’éleveurs québécois qui pratiquent ou ont envie d’essayer cette méthode douce et respectueuse d’élevage. En France par contre, le message passe bien, beaucoup d’éleveurs ont changé leur fusil d’épaule une fois qu’ils ont compris les dommages terribles que la méthode du EAM cause aux perroquets qui la subissent. Je vous mets ici un texte (
un peu long, je m’en excuse)qui fait un survol de terribles conséquences de l’élevage à la main.
EAM – Le choc
Les comportements aberrants du perroquet EAM sont avec le temps (
et un excellent lobbying des éleveurs) devenus la norme, on s’attend à ce qu’un perroquet nous agresse (mordre) et on considère même ça normal ; on s’attend à ce qu’il nous choisisse comme partenaire « amoureux » et on trouve aussi ça normal ; on s’attend à ce qu’il soit jaloux et possessif, on s’attend à ce qu’il soit parcimonieux avec la nourriture que nous lui offrons ; on s’attend à ce qu’il soit peureux devant à une nouvelle situation ou accessoire dans son environnement ; on s’attend à ce qu’il hurle à nous rendre dingo ; on s’attend à ce qu’il « n’aime pas » certains types de personnes (homme, femmes, blonde, brunette à lunette, etc) ; on s’attend à ce qu’il demeure dans sa cage ou sur son perchoir bien sagement… etc., etc., etc.
On s’attend à ce genre de comportements de la part de notre perroquet parce que c’est devenu normal à nos yeux que cet oiseau agisse de la sorte… et si je vous disais qu’aucun de ces comportements n’est « normal », qu’ils sont tous créés de toutes pièces par la méthode « douteuse » de l’élevage à la main (EAM)… et que c’est ce lobbying qui tentent de nous faire avaler que ce sont là des attitudes normales d’un perroquet (certains éleveurs n’ont pas avantages à dire le contraire, ça ruinerait leur très lucrative petite affaire).
QU’EST-CE QU’UN COMPORTEMENT NORMAL?
. C’est un comportement qui fait partie de l’éthogramme de l’oiseau
. C’est un comportement qui sait s’adapter aux exigences de la situation
Normalement, un comportement devrait évoluer parce qu’il avantage l’animal (Darwin)
QU’EST-CE QU’UN RÉEL TROUBLE DU COMPORTEMENT
Normalement, un individu doit s’adapter sans cesse à un environnement en perpétuel changement afin d’essayer de maintenir un équilibre. L’adaptation est indispensable à la survie de l’espèce.
Un comportement pathologique est un comportement qui ne permet plus l'adaptation adéquate aux variations de l'environnement. L'individu reste bloqué dans une réponse immuable et inadaptée qui ne variera pas quelle que soit l'intensité du stimulus initial.
L’homéostasie sensorielle est brisée (
Stasis – état / homoios – égal)
En d'autres termes, le comportement a perdu de sa plasticité et ce dérèglement intervient soit :
Dans la difficulté à revenir à l'état d'équilibre initial Ex : Le perroquet qui s’arrache des plumes suite à un stress intense et qui continue par la suite à la moindre contrariété et dans une dérégulation ou même une destruction de la séquence comportementale.
C’est un comportement qui ne s’inscrit pas dans l’éthogramme de l’oiseau.
C’est un comportement qui va à l’encontre de l’adaptation.
C’est un comportement qui ne rapporte rien ou carrément nuit à l’oiseau.
C’est un comportement de substitution
Pour faire bref et clair :
Si le comportement rapporte quelque chose à l’oiseau, le maintien du comportement est normal, on parle alors de problème de la communication. Si le comportement ne rapporte rien à l’oiseau, ou quelque chose de désagréable, où que la dépense d’énergie est plus grande que la résultante, le maintient du comportement indique probablement un problème de comportement.
LES RACINES DU MAL DE DÉVELOPPENT DANS LE JEUNE ÂGE.
Troubles précoces : Pendant la 1ière socialisation
.
2 à 3 semaines :
Choc séparation de la mère et souvent de la fratrie
Nourris à la main = imprégnation hétérospécifique à l’humain =
Dyssocialisation primaire
Manipulé et interaction seulement lors des béquées =
Syndrome d’isolement
Comportement exploratoire nil dans les premiers mois =
Syndrome de privation sensorielle = Phobies ontogéniques
Développement d’une détresse /
résignation acquise (apprise)
Anxiété
Stress
L’homéostasie (équilibre) est brisée à plusieurs niveaux, et ce, à partir de sa 3e semaine de vie. Et tout ça, de façon systématisée…
Ce qui entraîne :
Troubles retardés : Pendant ou après la 2ième socialisation (puberté)
Les conséquences
. Désocialisation (mauvaise socialisation)
. Hyper-attachement /hyper-dépendance /anxiété de séparation
. Comportement d’agression envers l’humain
. Anxiété chronique / Phobies/ hyper-vocalisations
. Territorialité (il n’est pas normal qu’un perroquet soit territorial)
. Dépression
. Stéréotypies diverses allant de la simple manie, au rituel, aux troubles compulsifs
jusqu’à l’automutilation
. Et autres comportements idiopathiques
QU’EST-CE QUI CRÉE CE GENRE DE COMPORTEMENT CHEZ NOS PERROQUETS DE COMPAGNIE?
Pour y voir clair, il nous faut commencer par le tout début, par la période néo-natale l’ontogenèse.
La technique du nourrissage à la main est une TECHNIQUE DE SAUVETAGE de bébés animaux.
Chez toutes nos autres espèces domestiques, elle n’est utilisée que dans le cas ou les parents naturels du petit sont dans l’incapacité d’en prendre soins ou subvenir à ses besoins.
Ainsi, on nourrira à la main le chiot, le chaton ou même l’agneau que dans les rares cas ou la mère ne produit pas de lait ou en quantité insuffisante ou encore, si celle-ci démontre des comportements qui mettent à risque la sécurité ou la survie du bébé.
Jamais il ne viendrait à l’idée d’un éleveur de chien ou de chat de séparer les chiots de la mère pour nourrir lui-même les rejetons d’une portée sous prétexter que le chiot sera
« apprivoisé » à l’humain ou plus facile à « éduquer ». Puisque tout le monde sait très bien que des chiots ou chatons ainsi nourris, sevrés et socialisés par l’humain seront des animaux imprégnés à l’homme et qu’ils développeront de très lourds problèmes de comportement.
Tout animal ayant subi une imprégnation hétérospécifique (
à une autre espèce que la sienne) développera divers problèmes de comportement, et ce, à différents niveaux, selon le tempérament et la capacité de résilience de l’individu.
Alors, ne faites jamais l’erreur de croire qu’il en est autrement pour nos perroquets nés en captivité.
LE CONTRE-EFFET DU NOURRISSAGE À LA MAIN
Choc brutal de la séparation de la mère
Séparation précoce de la mère = Perte d’équilibre avec le milieu.
L’homéostasie sensorielle est détruite.
Impossibilité de créer l’attachement et l’identification aux parents. Lien et empreinte de la mère devaient s’extrapoler à l’espèce = Dyssocialisation primaire .
Système immunitaire affaiblit
Apparition du syndrome d’hypersensibilité = Les systèmes inhibiteurs des comportements ne sont pas activés.
Dépressions de détachement précoce = Anxiété de séparation
Pour un chiot, un minimum de 5 semaines est nécessaire (c’est connu) pour éviter le syndrome HS/HA (hypersensibilité/hyperactivité). Pour un perroquet, c’est selon l’espèce…
Durant les premiers mois de sa vie, le jeune perroquet va vivre sa phase d’imprégnation.
Elle est découpée en deux périodes qui se chevauchent :
1.
l’empreinte intra spécifique (approximativement les 4-6 premiers mois pour un perroquet de taille moyenne (non pas 2 ou 3 semaines) ) : l’oiseau s’imprègne de ses congénères, il apprend les codes comportementaux spécifiques à sa propre espèce. En effet, à la naissance, l’oisillon n'a pas une compréhension innée des codes sociaux de son espèce. Il doit apprendre à se comporter en tant que perroquet, avec des usages précis en matière de communication et de comportement propres aux psittacidés.
2.
l’empreinte inter spécifique (ou extra spécifique) qui serait la phase d’empreinte à l’homme : l’oiseau apprend qu’il existe d’autres espèces que la sienne (humaine et autres), découvre des sons, des objets, tout un environnement. Cette phase débute vers l’âge de 1 à 3 mois selon l’espèce.
C’est durant cette période d’imprégnation que le jeune va acquérir les connaissances lui permettant d’avoir des comportements normaux face à toutes les situations de sa future vie sociale (
de groupe) : contrôle de son bec (
inhibition de la morsure) , communication, organisation en système, attachement/détachement (
comment devenir autonome).
L’imprégnation est la mise en place définitive d’un lien entre :
Un déclencheur extérieur et un comportement instinctif. Cette mise en place n'est pas commandée par un déterminisme biologique très spécifique (
comme un lien de parenté, une odeur) mais au contraire par des circonstances. L’imprégnation aura lieu avec l’être qui sera là au moment ou celle-ci se passera (
parent ou autre espèce).
L’empreinte désigne la
PERSISTANCE et la
STABILITÉ EXTRÊME qui caractérisent les préférences acquises au cours de la phase sensible.
L’empreinte protège les INFORMATIONS BIOLOGIQUES importantes relatives au caractère de l’espèce…
… Et son IRRÉVERSIBILITÉ protège les acquis de la phase sensible
Afin qu’elle ne soit pas occultée par des expériences ultérieures inadéquates pour la survie de l’espèce.
Impression filiale induit l’empreinte sexuelle de l’oiseau (caractéristique du parent, de l’espèce). C’est un phénomène qui fait partie de l’instinct de survie des animaux.
L’EMPREINTE EST IRRÉVERSIBLE
L’imprégnation à l’humain entraîne :
DYSSOCIALISATION PRIMAIRE
C’est le défaut d’acquisition des conduites sociales propres à l’espèce qui se développent normalement en très bas âge dans les premiers mois de la vie (selon l’espèce) et qui sont indispensables à la vie de groupe. Absence d’apprentissage des règles sociales, des codes ou rituels de communication par vocalisation ou par postures. Le perroquet dyssocialisé n’a pas acquis lors de son développement les mécanismes primaires d’inhibition sociale, il ne sait donc pas comment se comporter avec ses congénères, ne sait pas comment résoudre un conflit
Ce trouble du développement résulte d’une hypostimulation sensorielle durant les 10 à 12 premières semaines de la vie, pendant la période sensible de l’établissement de l’homéostasie sensorielle. Cette pathologie touche donc les oiseaux séparés trop tôt de leur mère (
le maternage doit se faire jusqu’à 12 à 50 semaines de vie selon les espèces) et pris en charge par des personnes incompétentes.
Cette dyssocialisation n’apparaîtra pas tout de suite (
pas avant 6 à 12 mois selon l’espèce) et chez les oiseaux, plus sensibles et moins résilients que d’autres, nous sommes devant un très haut risque de réels problèmes de comportements précoces.
1. Syndrome d’hypersensibilité (HS) (
absence de phase d’arrêt)
2. Dépression de détachement précoce
3. Syndrome de privation sensorielle
4. Hyper-vigilance / Seuil de réactivité (émotionnel) très bas (
répondent de façon disproportionnée à des stimuli extrêmement faibles qu’il s’agisse de stimuli visuels, tactiles ou auditifs)
5. Des activités substitutives stéréotypées tels les rituels, le picage, et l’automutilation (pas de phase d’arrêt).
6. À la puberté, l’oiseau démontrera des comportements sexuels aberrants (à l’humain) et maladroits, allant jusqu’à l’agressivité et on observera dans ses relations, des confusions entre jeu et agression (
amusement et offensive).
7. Le jeune adulte aura de la difficulté à entrer en relation agréable avec un autre individu ce qui sera pour lui très anxiogène et risque conduire chez cet animal social à de l’agressivité envers les membres de sa colonie (
humains ou avec d’autres oiseaux) dont il ne sera pas capable de tirer un enseignement et une attitude adulte construite.
8. La fréquence des agressions par irritation produites lors de contrainte ou dans un contexte émotionnel fort rend l’oiseau dangereux car imprévisible
La pathologie va se manifester par des troubles du comportement tels l’agression, l’intolérance aux restrictions ou toute opposition risque de générer une agression et comme l’humain n’est pas fait de bois, il va riposter souvent de manière tout à fait inappropriée ce qui engendrera une escalade de laquelle découlera une grande insécurité et une terrible anxiété de la part de l’oiseau qui se fait constamment réprimander…. sans en connaître ni reconnaître la raison.
L’anxiété ne voyageant jamais seule, d’autres problèmes surgiront à divers degrés au fur et à mesure que l’oiseau vieillira, risquant même de devenir permanents si aucune intervention n’est faite.
Symptômes :
Un perroquet dyssocialisé ne saura pas comment réagir de manière appropriée face aux sollicitations des autres oiseaux, il ne reconnaîtra pas les signaux de communication.
Chez l’EAM, non seulement le perroquet n’aura pas appris à communiquer avec sa propre espèce, mais il n’aura pas appris non plus avec l’espèce d’adoption, soit l’humain.
La plupart de EAM sont vendus, souvent avant même la période critique du sevrage alimentaire, à des gens inexpérimentés qui ne connaissent ni ne reconnaissent les besoins spécifiques de l’oiseau et qui plus est, tentent de « l’éduquer » selon des schémas bien établis de relation homme / animal :
. Dominance totale
. Avec des percepts d’animal prédateur (chiens chats)
. Anthropomorphisant les actions de l’oiseau sous prétexte qu’il devrait comprendre –
Attentes hautement irréalistes
. En ne tenant absolument pas compte de la maturation des comportements de l’oiseau
. Bref, en ayant pas ou peu de connaissance de l’oiseau.
L’oiseau dyssocialisé n’ayant aucun point de repère réagira selon son tempérament par des réactions plutôt instinctives:
. D’extrême timidité
. De peur et de fuite et d’agressivité (
s’il n’a pas la possibilité de s’enfuir)
. C’est l’oiseau agresseur sans contrôle d’intensité de l’agression et de la morsure (
il n’a pas
appris) – Cet oiseau mord très fort
. D’absence de contrôle de l’agression (
avec humain, un autre perroquet et même le chien
et chat de la maison) – Ce qui souvent met sa vie en danger –
Avec l’âge, on assistera à l’apparition de comportements d’hyper-attachement envers une personne en particulier ; de comportements sexuels envers l’humain et de violent comportement d’agression avec ceux que l’oiseau considérera tels des rivaux (
conjoint, enfant, autre perroquet, chien, chats, etc.) et souvent même, envers l’humain d’attachement.
Cet hyper-attachement commandera une surveillance constante et de tous les instants envers l’humain chouchou, ce qui créera beaucoup d’anxiété à l’oiseau :
. Anxiété de séparation
. Phobie sociale s’exacerbant avec le temps
. Et la foutue relation « love and hate » - l’oiseau n’est satisfait que lorsqu’il a toute l’attention de l’humain. À ce moment il est des plus attentionné et des plus charmant. Le comportement de l’oiseau envers l’humain chouchou change du tout au tout lorsqu’il est en présence d’autres personnes ou que l’humain est occupé ailleurs. À ce moment, le perroquet devient vindicatif, voire violent avec son humain d’attachement (violence conjugale), ce qui, vous en conviendrait, devient extrêmement dangereux pour l’humain en question.
Le perroquet dyssocialisé ou mal socialisé devient en vieillissant un réel fardeau pour l’humain, surtout lorsqu’arrive la période de puberté (
stade d’indépendance) et que les comportements sexuels commencent à émerger.
C’est à cette période de développement de l’oiseau qu’il y a le plus d’abandons.
PRÉVENTION
Dépends de la bonne volonté de l’éleveur
Il faut éviter de séparer les oisillons des parents trop précocement et laisser le sevrage s’établir naturellement.
Le jeune perroquet doit grandir auprès de ses parents et d’autres oisillons afin qu’il puisse acquérir les auto-contrôles et rituels sociaux nécessaires à la vie sociale.
Il faut veiller, au niveau de l’élevage, à placer les très jeunes perroquets dans un environnement riche en stimulations variées et dont l’intensité correspond à celle qui est rencontrée dans la vie quotidienne dans un environnement domestique sinon…
SYNDROME D’ISOLEMENT et S. DE PRIVATION SENSORIELLE
Terme générique pour toutes les anomalies du comportement qui résultent d’un isolement social à un stade précoce de la vie. (Privation d’expérience)
. Apathie
. Agitation
. Anxiété
. Sociopathie (Incapacité à exprimer un comportement social normal)
. Phobies ontogéniques
. Stéréotypies
Le syndrome d’isolement est particulièrement prononcé chez les animaux (
sociaux et de contact) qui ont grandit séparé de leur mère, cette séparation a des conséquences graves et surtout, persistantes. Les périodes de sensibilité maximales recoupent celles de l’empreinte et dépends des espèces.
Ce qu’on en dit sur le chien :
Chaque chiot doit bénéficier dès la 4e semaine, d'environ 150 m2 de terrain librement accessible. Au-delà il peut rester trop réservé. En dessous, et notamment s'il est élevé en cage, petit local, chenil, etc... il ne pourra plus jamais faire son apprentissage d'une vie normale. Il sera doux, affectueux, ou non, selon sa socialisation, mais il sera sujet à des paniques soudaines, à des crises de refus déconcertantes, et il aura des difficultés d'apprentissage. Nous aurons un adulte intelligent et pourtant peu capable de comprendre les ordres. Dans les cas limites, on a une maladie mentale franche : le « syndrome d'isolement de chenil », qui rend le sujet impropre à la compagnie et est un motif d'annulation de la vente.
SYNDROME DE PRIVATION SENSORIELLE
Privation d’expérience
Jusqu’à sa période d’émancipation (sevrage alimentaire) le jeune perroquet est en mode
« apprendre à apprendre » et pendant cette période il est excessivement réceptif… et il apprend vite… trop vite, ce qu’il apprend à cette période restera gravé à jamais dans son esprit.
Le jeune perroquet élevé dans un milieu peu stimulant risque de présenter cette affection, qui se caractérise en début d’évolution par des phobies vis-à-vis certains stimuli qui lui sont inconnus.
Dans les méthodes d’élevage actuelles, ... parfois, certains bébés perroquets ne sont exposés à rien. Et de ce fait, ils deviennent incapables de gérer leur environnement.
Ils restent en alerte permanente, tout les effraie : le bruit d'un papier que l'on froisse, une cuillère qui tombe par terre, le passage d'une voiture, une personne inconnue... tout, absolument tout est source de terreur.
L’oiseau est tout simplement inadapté à son environnement et semble incapable de s'y faire...
Le syndrome de privation sensoriel possède 3 niveaux :
Stade 1 : L’oiseau est effrayé par certains stimuli. Il essaie de fuir, de se cacher et peut devenir agressif.
Stade 2 : Une anxiété de privation s'est installée.
L’oiseau est anxieux et inhibé. Tout changement dans ses habitudes provoque une réaction anxieuse, une réaction de crainte et un repli sur lui-même. Il refuse d'explorer son environnement.
Stade 3 : C'est le stade le plus grave. L’oiseau peut présenter une dépression. Il ne joue plus, n'explore plus ...
L'évolution est variable selon les stades.
Lors de stade 1, l’oiseau peut guérir si on intervient rapidement (encore faut-il savoir le reconnaître).
Par contre, les autres stades peuvent se compliquer par :
. Une anxiété intermittente
. Une hyper agressivité secondaire
. Une anxiété de séparation et hyper attachement
. Phobies diverses
DÉTRESSE / RÉSIGNATION ACQUISE (apprise)
Inhibition d’action
H. LABORIT a mis en évidence l’existence dans le système nerveux, d’un circuit inhibiteur ou activateur de l’action. En cas d’agression un rat choisit comme première solution la fuite. Si la fuite est rendue impossible, il se bat. Dans les deux cas, il reste en bonne santé. Si on l’empêche de fuir ou de se battre, il met en jeu le système inhibiteur de l’action qui le conduit à la “dépression” et à la mort.
P. KARLI (neuro-biologiste) dans “L’homme agressif” pousse plus loin ces travaux. Il remarque qu’un rat dominant est capable plus que les autres, de retenir les trajets menant à la nourriture. Il empêche artificiellement ces rats de résister victorieusement aux agressions de leurs congénères et leur fait perdre leur statut de dominants. Ces rats dès lors, se révèlent incapables d’apprendre de nouveaux trajets. Il identifie dans leur cerveau la présence d’une hormone qui bloque les apprentissages. Cette faculté leur revient si KARLI en favorisant artificiellement le rapport de force dans les combats pour la suprématie, leur permet de vaincre. Il nomme ce phénomène: l’impuissance apprise.
L’impuissance apprise c’est quand un individu apprend par l’expérience qu’il est incapable d’agir sur son environnement pour le transformer en sa faveur il devient incapable, physiologiquement, d’apprendre.
C’est une pathologie assez courante chez les perroquets mal socialisés ou qui ont vécu des évènements agressants à répétition et contre lesquels ils ne pouvaient pas se défendre ni même se prémunir. Les perroquets qui font de longs séjours en animalerie et qui subissent le harcèlement de la clientèle présentent souvent cette pathologie. L’oiseau a appris qu’il ne pouvait absolument rien faire pour changer sa situation et il s’est résigné à subir sans réagir.
Bon voilà, j’arrête mon mini survol ici pour l’instant (
parce qu’’il y a beaucoup plus encore) je ne veux pas vous rendre maboul, mais gardez en tête que ceci n’est qu’un tout petit aperçu de ce qui attend le perroquet EAM (
à différents niveau dépendant de sa capacité de résilience). Alors, si vous avez envie de vous procurer un bébé perroquet, pourquoi ne pas imprimer ce post et le faire lire à l’éleveur… peut-être n’est-il tout simplement pas au courant des dommages qu’il cause à ses petits… on peut toujours espérer!
