Bonjour à tous,
Cela fait longtemps que je ne suis pas venue sur le forum, mais j'ai quelques circonstances atténuantes, avec le décès brutal de mon mari fin décembre et tout ce qui s'est ensuivi pour nos enfants et moi. Mais aussi pour les animaux, évidemment, qui ont subi de plein fouet les changements de rythme, d'habitudes, mais aussi nos larmes, notre chagrin, nos moments de découragement.
Commençons par Spoutnik, mon gris du Gabon d'un an. Il est arrivé chez nous pour mon anniversaire, le 06 juin 2015 et il avait déjà dû s'habituer aux changements entre les vacances et la rentrée. Il s'était à peine habitué à son nouveau train-train (Stef à la maison, moi allant faire mes cours, Coralie rentrant simplement le soir et les garçons le week-end) que Stef entrait à l'hosto et décédait un mois plus tard. Il n'avait donc plus "l'humain toujours là", même si ce n'était pas "son" humain, mais avait en revanche son humaine à la maison (je suis en CLM pour dépression, je vois l'expert demain pour décider de la suite), présente mais pas disponible pour autant, pleurant fréquemment, complètement paumée. Il m'a fallu du temps pour retrouver vaguement l'envie de vivre et de m'occuper de mes animaux autrement que "parce qu'il le fallait bien". Et je devais, en outre, apprendre à maîtriser ma voiture sans permis, puisque vivant à la campagne, il me fallait acquérir vite une certaine autonomie.
Résultat des courses ? Je n'ai pas dû tant merder que ça, parce que non seulement Spoutnik a acquis de l'indépendance (il est juste devenu TRÈS exigeant quand il est avec moi), mais ses capacités de langage se sont accrues de manière exponentielle. Moi qui pensais qu'il serait peu parleur, je suis sidérée. Il dit coucou, bonjour, au revoir, à de suite, à tout à l'heure, je reviens, bonne nuit, tu veux un bisou ?, tu fais un bisou ? (en distinguant bien les deux), tu fais dodo ?, Coralie (le nom de ma fille), qu'est-ce qui s'passe ?, atchoum, à tes souhaits, miam-miam, je vais aux toilettes, etc. Depuis une semaine, je réussis de nouveau, le soir, à l'emmener avec moi dans la salle de jeux / home cinéma et il regarde avec nous des dessins animés, en profitant d'une heure de câlins et de grattouilles. J'ai l'impression qu'il est vraiment heureux. Il a cessé d'appeler Stef et de dire certaines choses qui me faisaient chialer. Il ne se pique absolument plus et il est vraiment en pleine forme, malgré son absence totale de goût pour les fruits et légumes et son attirance pour tout ce qui est à base de cochon ou pour la brioche trempée dans du thé (je sais, c'est mal)...
Venons-en à Pistache. C'est la petite ara maracana de ma fille de 16 ans. Nous l'avions commandée quand Stef est tombée malade, pour que Coralie (qui n'avait alors que quinze ans) ait de quoi s'occuper l'esprit et les journées. Ce que nous n'avions pas prévu, c'est que l'amour de ma vie mourrait la nuit suivant son arrivée, comme s'il avait attendu qu'elle soit là pour lâcher prise. Pistache est donc arrivée dans le chaos, avec to ut le monde désespéré, moi dans les choux, Coralie comme anesthésiée, ne réagissant pas à la mort de son papa, alors qu'il était bien plus proche que moi des enfants, étant toujours resté à la maison alors que je travaillais à l'extérieur. Mais Coralie a quand même réussi à créer le lien. Elle peut maintenant la prendre et la caresser facilement (sauf quand il s'agit de la rentrer dans sa cage !) et elle commence même à dire "smack" et "coucou". Elle jacasse pas mal quand nous sommes là sans nous occuper d'elle, mais elle est très sage le reste du temps. Elle est très jalouse de moi et de Spoutnik, de même que Spoutnik est très jaloux quand je m'approche d'elle - mais je ne m'en occupe pas, sinon pour lui donner à manger et à boire.
Voilà voilà. Sinon, bah, c'est dur, très dur, effroyablement dur, surtout qu'hier, ça aurait dû être nos 24 ans de mariage. Mais il n'aurait pas voulu que je baisse les bras. Alors je continue. Comme je peux.
Nath.









Chopin, Gris d'Afrique,né le 1er juillet 2013