Ode aux chats
Ils marchent la tête fière, ronronnant, ronronnant
Ils nous montrent leur derrière, choquant, choquant.
Les voyez-vous passer, œil vif, cœur fidèle ?
Les voyez-vous, lassés, nous jugeant sans appel ?
Ils ne sont pas à nous, ils nous tolèrent juste
Ils se glissent dans nos vies, s'incrustent, s'incrustent.
Qui croyez-vous qu'ils soient, ces elfes orgueilleux ?
Que croyez-vous qu'ils voient ? Qu'y a-t-il dans leurs yeux ?
Ils régentent les hommes, très insidieusement
Ils règnent sur nos cœurs, frotti, frottant
Pensez-vous qu'ils le sachent, ces paquets de fourrure ?
Pensez-vous qu'ils le cachent, roublardes créatures ?
Leur pouvoir enjôleur, leur charme subreptice
A pris mon âme au piège, malice, malice
Est-ce pour mon bonheur que je les porte en moi ?
Est-ce pour mon malheur, cet amour, cet émoi ?
Ses yeux étaient d'or pur, et grise sa frimousse
Elle s'appelait Cabale, si douce, si douce
Où qu'elle soit maintenant, ma belle, ma nonchalante
Sait-elle que mon cœur saigne et meurt d'une mort lente ?
Pleure-t-elle pour son fils, qui s’éteint doucement
Pleure-t-elle pour son mâle, absent, absent ?
Cabale, ma féline, s'il existait un Dieu
Je voudrais qu'il soit chat - et miséricordieux.
Je voudrais te savoir, libérée, vagabonde
Hantant les hautes herbes, gironde, gironde
Dans un Éden félin sans doute plus mérité
Que celui des humains – tes tueurs, tes meurtriers.









