Ce fut la même chose avec Janis, Riko et Gwaihir.
Je peux faire part de mon expérience, même si chaque contexte est différent, et ce qui fonctionne pour une personne peut ne pas fonctionner pour une autre. Ce qui peut fonctionner pour un oiseau peut ne pas fonctionner pour un autre.
Quand Janis, Riko et Gwaihir étaient dans leur première saison de harnais, ils ont été dociles, pas de problème.
Au début de sa deuxième saison de harnais, en 2010, Janis ne voulait plus rien savoir. Cela coïncidait avec ses deux ans (et quelques mois). Madame se rebellait, mais aussitôt le harnais mis, tout redevenait O.K. Même maintenant, elle a parfois un petit moment de grognement mais elle ne sauve pas devant le harnais. C'est même elle qui se dépêche à entrer la tête dans le harnais pour que cette étape dure le moins longtemps possible. Elle est toujours contente d'aller en harnais et très fière d'elle lors de ses envolées au terrain de soccer. Elle est ma championne du vol avec harnais.
Pour Riko, la période difficile n'est pas encore terminée, bien qu'il soit rendu à plus de trois ans. Il faut dire qu'il n'a pas le même caractère que Janis. Il crie au moment de lui mettre le harnais. Je commence donc par prendre Riko sur main gauche. Ensuite je le déplace sur mon corps et le retiens doucement. Il aime bien se faire serrer doucement contre moi, même si dans ces circonstances Riko sait ce qui se prépare. Je le câline et le calme. Il est important de calmer l'oiseau entre chaque étape et de donner du renforcement positif lorsqu'il est calme. Ensuite, je le place sur la table calmement avec mes deux mains car monsieur va de débattre et se rouler sur le dos (probablement comme Memphis, ). Sur la table, je lui fais des câlins sur la tête pour le calmer à nouveau et lui parle doucement en disant que ça fait pas mal. Je transforme le dernier câlin de la main gauche en mouvement pour le retenir doucement par dessus le dos, toujours de ma main gauche. De la droite, j'approche le harnais qui est sur la table, j'entreouvre le collet avec mon pouce et mon index et lui passe le collet par dessus la tête. Riko est maintenant rendu à l'étape où c'est lui qui entre sa tête dans le collet, ce qu'il fait en émettant quelques cris, bien sûr, mais il décide de son propre chef. Le fait que ce soit lui qui fasse le mouvement me donne le signal que c'est O.K., malgré ses protestations (qui s'amenuisent graduellement à chaque séance) . À un moment donné du processus de désensibilisation, je laissais le harnais ouvert devant sa tête en le calmant doucement, pour qu'il apprivoise le harnais. C'est à ce moment qu'un jour, c'est lui qui a foncé dans le harnais avec sa tête en émetant tout de même quelques bon cris. Il fait grosso-modo le même geste depuis. Maintenant, ses protestations m'ont plus l'air d'une expression "
Vite calvaire" lorsque je prends trop de temps pour la manoeuvre. Si l'oiseau reste excité pendant toute la manoeuvre, ce n'est pas l'idéal. Il faut réussir à calmer l'oiseau entre chaque étape. Aussitôt le harnais enfilé, félicitations et bisous, monsieur se calme instantanément. On part en randonnée et il se met à placoter comme un petit oiseau bien heureux. Avec Riko, alors qu'il était dans son "peak" j'ai essayé des gâteries, en prenant de courtes pauses au cours de la manoeuvre, pour lui en offrir. Ça ne marche pas. Monsieur me les lançait dans la figure.
Même scénario pour Gwaihir. L'an dernier, jamais il ne protestait à cause du harnais. Cette année, c'est une autre histoire. J'applique la même méthode que pour Riko. Il a déjà franchi le "peak" de sa phase de protestation et est maintenant plus docile. Et oui, il y a un "peak" de protestation à franchir, une période ou la protestation s'accentue pour ensuite se mettre à diminuer. Il réapprivoise graduellement le harnais, mais, comme Riko, il y a toujours une étape de protestation qui, diminue graduellement elle aussi.
Certain vont dire "Il force ses oiseaux". En fait j'ignore calmement la phase de protestation". Le mot clé est de rester d'un calme absolu, impassible mais rassurant pour l'oiseau. Il ne faut pas briser la relation de confiance entre l'oiseau et son humain. Et ça marche. Aussitôt le harnais enfilé, les trois oiseaux redeviennent instantanément calmes, prêts à donner et recevoir des bisous. Pour Janis, c'est du gâteau depuis le milieu de l'été 2010 et ça reste au beau fixe. Pour Riko et Gwaihir, le gâteau est vraiment en bonne voie.
Ce fut la même chose pour la coupe des griffes, que je réussis à faire sans serviette pour Janis et Gwaihir. Pour Riko, ça va prendre plus de temps à y parvenir sans serviette. La coupe des griffes n'est pas une opération que les oiseaux aiment comme telle mais ils finissent par comprendre le sens de la manoeuvre et se laisser faire sans protestation.
