Il a été, toute la journée, d'une humeur massacrante, mais c'est pareil pour toutes les bestioles de la maison : l'orage qui rôde tout autour, je suppose. Du coup, je me suis dit que j'allais lui foutre la paix et ne pas le sortir aujourd'hui. Quand il est de mauvaise plume, ce qu'il préfère, c'est encore rester dans sa cage à bouder.
J'ai fait attention à varier les heures de balade, qu'il ne soit pas habitué à ce qu'on le sorte toujours au même moment, car à partir du 31, je ne pourrai plus systématiquement… Mais grosso modo, je l'ai toujours sorti entre 9h et 16h. Vers 15h, il a commencé à crier, lui qui ne le fait jamais. Je suis allée voir ce qu'il avait, car c'est tellement insolite de sa part que j'ai cru qu'il manquait d'eau, ou de nourriture, ou que le Beigeasse était encore en train de lui roucouler sous le nez (Le Gris et le Beige, c'est bien plus hot que le Rouge et le Noir, moi je vous le dis !). Mais : rien, sauf qu'il était très agité.
Je lui ai ouvert la porte pour qu'il aille jouer sur son aire de jeu, mais il a continué à brailler. Je l'ai laissé faire sans réagir, en tentant juste de réfréner mon envie de le plumer moi-même.
Je prends donc le harnais et là, il commence à s'agiter comme un malade, à le prendre dans son bec, à tenter de passer la tête dedans et, évidemment, à s'entortiller comme un imbécile… et à ne faire qu'empirer les choses quand je tentais de le déligoter…
Au bout d'un moment qui mériterait de figurer dans un peplum holliwoodien (Spoutnikus !), ouf, a y est, il est harnaché sans trop de morceaux en moins - juste la queue, trois pattes et deux becs. Il est toujours aussi survolté, s'envole à peine dehors, se rétame dans la pelouse, me grimpe dessus en passant par le pantalon, sauf que je suis en short (ouille) et commence à m'engueuler comme du poisson pourri avec quelques coups de bec pour bien me faire comprendre son mécontentement.
Avec un sang-froid qui n'a d'égale que ma patience infinie (oui, ça va, les chevilles, merci), je résiste à l'envie de l'étrangler et de sauter dessus à pieds-joints tout en bavant de rage et je lui parle gentiment pour le calmer. Je décide de rester dans le terrain vue son humeur et je vais chercher un sac pour cueillir des mûres, histoire de faire d'une pierre deux coups. Et là… il se calme d'un seul coup, commence à regarder partout, cueille lui-même des mûres à chaque station (pour me les balancer dessus, mais c'est l'intention qui compte) et nous restons finalement plus d'une heure dehors, lui tout gentil, tout calme, sans un seul tiraillement de harnais et avec plein de gazouillis joyeux.
C'est bon : il devient aussi taré que les autres membres de la famille - l'acclimatation se fait bien.








Chopin, Gris d'Afrique,né le 1er juillet 2013