J'ajoute quelques éléments à ce qu'a dit Darren :
- L'éducation est effectivement ce qui fixera le caractère de ton perroquet, et ce qui pourra faire de ta relation avec lui un paradis ou un enfer. Pour te donner un exemple, j'ai donné un chaton il y a quelque temps à une dame qui a un gris, et qui ne peut même plus mettre la main dans la cage sans se faire mordre, ni partir de chez elle plus de quelques heures, parce qu'il refuse tout autant d'être seul que d'être gardé par quelqu'un (il mord au sang toute personne étrangère). Ce gris était pourtant, selon ses propres termes, une crème étant bébé… Ceci dit, tu as quand même une base comportementale qui est, pourrait-on dire, la "tendance" de ton perroquet. Spoutnik est un gris enthousiaste et speed, alors que d'autres sont craintifs face à la nouveauté, ou calmes… Mais ce n'est qu'une tendance de fond, qui se travaille. Et elle reflète plus un caractère individuel qu'un trait spécifique qui caractériserait toute l'espèce. Je suis d'accord avec Darren pour dire qu'un perroquet n'est jamais, en soi, "docile" et fait essentiellement ce qui lui fait plaisir. C'est d'ailleurs pour cela que le renforcement positif marche si bien : si tu le récompenses quand il fait ce que tu souhaites, si tu instaures avec lui une relation de confiance, ça lui fera plaisir de te faire plaisir.

- La parole : même un gris peut fort bien ne jamais parler. Il ne faut jamais prendre un perroquet "parce que c'est un animal qui parle". Beaucoup d'abandons sont liés à ça. Premièrement, il ne peut parler que si tu interagis beaucoup avec lui. Chopin parle très bien, par exemple, mais c'est parce que Julien lui parle tout le temps, et pas seulement parce qu'il est doué (Chopin, pas Julien

). Deuxièmement, n perroquet ne "parle" pas, il imite ses congénères - et en vivant avec nous, nous sommes ses congénères. Il peut très bien choisir d'imiter
autre chose que la parole. Tes éternuements, ton rire, tes claquements de langue sont pour lui tout aussi significatifs que tes paroles. Le grand Alexandre "peut" parler, mais comme le dit Darren, rien n'est garanti.
- Les promenades : outre le fait qu'il faut effectivement un harnais, car même un perroquet aux ailes coupées peut s'envoler et il est de plus hautement souhaitable qu'il vole, pour sa santé physique et mentale, lui faire accepter le harnais n'est pas si simple. Je suis en pleine éducation de Spoutnik sur ce plan et je peux te dire que c'est parfois sport, alors qu'il n'est pas trouillard du tout et qu'il a une pleine confiance en moi. Mais ça l'énerve et il sait très bien me le faire comprendre. Certains perroquets n'accepteront jamais le harnais, tout simplement parce que nous ne sommes pas des pros, que nous pouvons manquer de patience, de motivation pour recommencer chaque jour quelque chose qui se passe mal, etc. Pour d'autres, ça passera quasiment tout seul. Bref, là encore, ne pas tirer de plans sur la comète, ne pas avoir de préjugés.
- Les cacas… : là encore, grande variabilité. En deux mois et demi, Spoutnik ne m'a JAMAIS crotté dessus. Il fait ses besoins dès que j'approche la main, avant de venir et il les refait dès que je le repose. Je ne le lui ai pourtant jamais appris. Cela peut sembler merveilleux, mais c'est aussi pour moi une responsabilité supplémentaire : je dois faire attention à ne pas le porter deux heures d'affilée ! De toute façon, c'est à toi de gérer : un perroquet n'est pas un chat ou un lapin qui fait ses besoins naturellement toujours à l'écart de son lieu de confort : quand tu vis dans les arbres, tu peux faire tes besoins sans problème là où tu te trouves, la gravité faisant le reste...
Et sinon, je ne peux que te conseiller d'éviter les animaux d'animalerie et de passer plutôt par un éleveur… Attention aussi aux différences entre un animal EAM, qui sera plus facile à familiariser, car les humains sont d'emblée ses congénères, et un oiseau EPP, qui sera sans doute plus "oiseau" dans sa tête, ce qui est à la fois un avantage et un inconvénient.
Bref, un perroquet, comme n'importe quel NAC, suppose de beaucoup s'informer avant. Outre le fait que ce sont des mammifères supérieurs dont les besoins sont bien plus proches des nôtres que ceux des reptiles à plumes, le chat ou le chien sont des artefacts : l'homme les a fabriqués et adaptés à son mode de vie à coups de sélections et de croisements. Un oiseau, fût-il aussi intelligent et donc adaptable qu'un perroquet, fût-il EAM, RESTE un animal sauvage : tu dois lui apporter ce dont il a naturellement besoin AVANT de songer à lui demander quoi que ce soit. S'il vient d'une région où la nuit dure douze heures, il doit dormir 12h, ou au moins 10. S'il vient d'une région à forte humidité, tu dois compenser la sécheresse de nos habitats artificiels par des douches quotidiennes, ou un humidificateur d'air. Si c'est un animal grégaire, comme la plupart des perroquets, il doit être dans un lieu de passage, participer à la vie de la famille, avoir de l'animation autour de lui (quitte à lui laisser la radio ou la télé quand il est seul). Il doit pouvoir grimper, idéalement voler - et tu dois alors penser à tes meubles et à tes bibelots, car un perroquet, ça grignote… Bref, ce n'est pas un animal qu'on puisse acquérir "comme ça", sur un coup de coeur, sans risque ensuite de graves déconvenues. Mais si tu te renseignes avant (et comme dit Darren, tu es au bon endroit), si tu es prête à faire les concessions nécessaires, sans pour autant céder au bestiau (qui peut être un vrai tyran de compagnie), que de satisfactions !
