On entend souvent l'expression "
Un chien, c'est un chien", qui signifie que peu importe la race, il n'y aurait pas beaucoup de différence dans le comportement.
C'est vrai en bonne partie mais la réalité est plus nuancée. Si cette affirmation était totalement vraie, il n'y aurait pas de différence comportementale entre, par exemple, un berger australien, un terre-neuve ou un pit bull. De très nombreuses races de chiens ont été sélectionnées au cours des siècles et des millénaires pour des fonctions bien précises: chasse, garde, sauvetage, attaque, etc. Ces caractéristiques sont venus "colorer", "nuancer", le profil de "
canis vulgaris", de même que son apparence physique au cours des siècles. Même la capacité olfactive a été modifiée par la sélection effectuée par les humains. À titre d'exemple, les chiens renifleurs ou de chasse ont beaucoup plus de cellules olfactives que les autres races. Si l'expression "
Un chien, c'est un chien" était exacte, les chiens auraient tous à peu près le même physique, le même bulbe olfactif et le même comportement.
En cette matière, il n'y a pas "d'absolu". Si par exemple, tu adoptes un chien provenant d'une lignée de chien de combat, tu auras plus de risque d'avoir un tempérament "
à surveiller", mais ça ne veut pas dire que ton chien sera un chien dangereux pour autant. Ça dépends de l'éducation que tu lui donnes. À l'opposé, un chien gardien de troupeau ou comme le terre-neuve, prédisposé au sauvetage et au travail, aura plus de facilité à "cohabiter" avec d'autres animaux, mais ça ne veut pas dire qu'un terre-neuve ne peut pas gober tout rond un petit oiseau. Même pour les races à tempérament intrinsèquement plus "doux", l'éducation est déterminante dans le caractère final du chien.
Il y a aussi le fait que le chien est un prédateur alors qu'un oiseau est une proie. Le chien est un animal de meute, avec une hiérarchie et des relations de dominance, alors que le perroquet est un animal très grégaire, de volée, dans laquelle il n'y a pas de hiérarchie. Ils n'ont pas le même langage, cela, il ne faut pas l'oublier. Il y a d'excellents bouquins sur le langage corporel canin. Un signe d'apaisement ou d'agressivité émis par un chien ne sera pas compris par un perroquet (et pas toujours par un humain, loin de là). Ici, à la maison, quand les oiseaux se paient une petite séance de cris, parfois au coucher du soleil, les chiens se mettent à leur répondre en hurlant comme des loups. Ça ne veut pas dire qu'ils se comprennent. Mais imaginez la scène, surtout si des fenêtres sont ouvertes. Le "call" de 2 grands aras au coucher du soleil accompagnés de deux chiens qui hurlent comme des loups... On entend ça à des kilomètres.

Heureusement, que c'est assez peu fréquent. Et pas question de réagir, ça va encourager les deux aras à continuer.
À la fin, la race du chien peut être un facteur facilitant ou nuisible à une situation donnée, ce que l'éducation peut renforcer ou atténuer.
En ce qui nous concerne, pour cohabiter avec des oiseaux, nous choisirions à nouveau des chiens dont le tempérament est de prime abord plus docile, des chiens de troupeaux ou de sauvetage, plutôt que des profils de chasse, ou des chiens de type "
lupoïde". Nous adopterions également vers l'âge de 10 semaines, comme nous l'avons fait pour nos chiens actuels. C'est à cet âge que l'éducation débute et ils sont très malléables si tu sais comment t'y prendre. Avant cet âge, c'est trop jeune. À l'âge adulte, il est trop tard pour imprégner le chien de la présence d'une autre espèce, même s'il peut la tolérer. Désolé, Sammoa, croire qu'un chien adulte a
la maturité pour comprendre la cohabitation avec une espèce animale qu'il n'a pas cotoyée avant, c'est prendre des risques. Dans ces circonstances, ça veut dire surveillance de tous les instants, même si tu as peut-être réussi avec ton chien. De toute façon, peu importe s'il y a eu cohabitation en jeune âge ou non, il ne faut jamais laisser un chien et un oiseau seuls ensembles, il faut garder un œil.
Petite anecdote: ici, nous avons fait cohabiter les chiens et les oiseaux alors qu'ils étaient tous bébés, même si par la suite d'autres oiseaux sont venus s'ajouter. Disons que c'est Janis, notre femelle gris d'Afrique, qui a éduqué nos chiens, alors jeunes chiots, à la présence aviaire.
Les résultats sont excellents, mais nous gardons toujours un œil serein sur la relation entre les chiens et les oiseaux.
Nous avons choisis des races connues pour leur prédispositions, le terre-neuve, un chien géant reconnu pour ses habiletés de sauvetage et le chien d'eau portugais, une race de sauvetage et aussi de gardien de troupeaux. Nous avons entraîné et continuons d'entraîner nos chiens pour le sauvetage, ce qui renforce leur prédisposition naturelle. Les oiseaux peuvent se promener sur le plancher sans risque de se faire bousculer par les chiens. L'anecdote, c'est lors d'un séminaire de sauvetage à l'eau avec plusieurs chiens terre-neuve, à l'été 2012. Nous avions emmenés nos oiseaux dans leur cage de transport. Les oiseaux étaient à l'ombre à observer les séances d'entraînement. À la première pause, Gandalf, notre chien d'eau portugais, a maintenu une barrière infranchissable entre la meute de terre-neuve et les oiseaux. Non pas que les terre-neuve étaient agressifs, c'est juste que Gandalf avait décidé qu'aucun terre-neuve, sauf le nôtre, Oolum, pouvait s'approcher des cages des oiseaux. Gandalf barrait la route à des chiens 3 fois plus gros que lui. Il n'était pas agressif, juste "
on ne passe pas ici", avec le calme d'un chef de meute.
Le lendemain, il toléré les passages des autres terre-neuve près des cages, mais il exerçait une surveillance, disons, très "active".
