Un matin du printemps dernier
Dans une bourgade lointaine
Un petit oiseau printanier
Vint montrer son aile d'ébène
Un enfant aux jolis yeux bleus
Aperçut la brune hirondelle,
Et connaissant l'oiseau fidèle
La salua d'un air joyeux.
Les cœurs palpitaient d'espérance
Et l'enfant dit aux soldats:
'Sentinelles, ne tirez pas,
Sentinelles, ne tirez pas.
C'est un oiseau qui vient de France' .
La messagère du printemps
Se reposait de son voyage,
Quand un vieillard aux cheveux blancs
Vint à passer par le village.
Un ci joyeux poussé dans l'ar
Lui fit soudain lever la tête,
Et comme aux anciens jours de fête
Son oeil brilla d'un regard fier
Les coeurs palpitaient d'espérance
E le vieillard dit au soldats:
'Sentinelles ne tirez pas,
Sentinelles ne tirez pas,
C'est un oiseau qui vient de France'.
Tous les matins et tous les soirs,
épiant son retour peut-être,
Une fillette aux rubans noirs
apparaissait à sa fenêtre
L'oiseau charmant vint s'y poser
En dépit des soldats en armes
et l'enfant essuyant ses larmes
Mit sur son aile un long baiser.
Les coeurs palpitaient d'espérance
Et la belle dit aux soldats:
'Sentinelles ne tirez pas,
Sentinelles ne tirez pas,
C'est un oiseau qui vient de France'.
Il venait de la plaine en fleur,
Et tous les yeux suivaient sa trace,
Car il portait nos trois couleurs,
Qui flottaient gaiement dans l'espace.
Mais un soldat vise et fait feu,
Un long cri part et l'hirondelle,
Tout à coup refermant son aile,
Tombe expirante du ciel bleu!
Il faut au coeur une espérance,
Rayon divin qui ne meurt pas,
Mais l'oiseau qui chantait là-bas,
Mais l'oiseau qui chantait là-bas,
Ne verra plus le ciel de France!
