C'est préférable d'introduire le harnais dans l'environnement de l'oiseau plusieurs jours avant d'essayer de lui mettre. On familiarise l'oiseau au harnais, on en fait un jeu.
Ensuite, lorsque l'on a du temps devant soi, que l'on est pas pressé, que l'on est calme. On fait une tentative. Il faut y aller d'un geste sûr et ferme mais sans force excessive.
Ce que j'ai observé avec mes trois plumeaux, c'est que ce n'est pas la première fois qui est la plus difficile. Comme ils ont vu et pu toucher le harnais pendant quelques jours, ils vont l'accepter assez facilement la première fois. Mais la deuxième et troisième fois, c'est une autre histoire. Ils savent qu'ils auront à se faire passer le harnais par dessus la tête et ils ont horreur de cela. Ceci fait que après la première fois, il peut y avoir une escalade de résistance mais ça passe quand même assez rapidement. Trois ou quatre fois et c'est réglé.
Avec les deux gris, Janis et Riko, j'ai observé que la crise de leur deux ans correspond aussi à une crise du harnais. La première année, pas de problème, après l'adaptation des débuts (environ trois ou quatre fois, tel que mentionné plus haut). Les deux ont bien accepté le harnais. À l'été 2010, Janis avait un peu plus de deux ans. Elle s'est mise à rejeter le harnais. À chaque fois, c'étaient les protestations. Mais, imperturbable, je lui enfilais avec précision et rapidité. À la fin de l'été 2010, elle était redevenue disposée à accepter le harnais. En 2011, elle est une vrai soie et est redevenue ma petite Janis que le harnais ne dérange plus et qui a toujours adoré les balades à l'extérieur. Ça prend donc un minimum de patience lorsque l'oiseau traverse une période de crise de croissance.
Riko a eu deux ans en janvier 2001. L'an dernier, aucun problème avec le harnais. Cette année, il est un vrai petit monstre. Il proteste et crie. Il m'a mordu quelques fois pendant ses séances de harnais à l'intérieur (au cours de l'hiver pour ne pas qu'il perde l'habitude pendant cette saison). Heureusement les morsures n'ont pas vraiment duré. Il proteste toujours en criant mais il accepte, il entre sa tête dans le harnais de lui même, en protestant, mais de lui-même. Je le félicite et lui donne plein de bisous et parfois, j'ai droit à un bisou de sa part après cet acte qui a l'air de lui déplaire au plus haut point. J'ai donc nettement l'impression qu'il comprend ce qui est attendu, mais il proteste et ensuite est tout content.
J'ai l'impression que vers 24 ou 30 mois, les gris font un devoir de protester.
Notre ara, Gwaihir, n'a pas encore un an. La première tentative avec le harnais s'est déroulée tout en douceur. Mais à la seconde et à la troisième, il se rappelait qu'il fallait qu'il enfile la tête dans le harnais. Il est costaud, le petit monstre. J'ai dû le retenir pour l'empêcher de déployer ses ailes, pour lui enfiler. Maintenant nous sommes sur le bon versant de la montagne. Ça s'améliore de fois en fois. Mais il a eu un bon peak de résistance, étant donné sa force. Ceci dit, Gwaihir n'a jamais tenté de me mordre au cours de ces séances.
Pour moi, le mot clé est "calme". Il faut rester calme même si l'oiseau mord. Ça ne durera pas. Je dirais que l'oiseau comprend que l'on ne lui veut pas du mal. Il faut féliciter les plumeaux et leur faire comprendre que c'est un grand moment positif de la vie: la promenade à l'extérieur et même le vol.
Bonne chance et un peu de patience!
Une fois que c'est acquis, c'est formidable.
