Votre perroquet a aménagé depuis seulement 3 jours… il vit actuellement un terrible choc de séparation, alors ce n’est certes pas le moment de l’isoler dans sa cage, de lui faire vivre une exclusion qu’il ne comprend pas et qui est hautement stressante pour lui.
S’il crie, c’est qu’il a peur, il ne comprend pas la situation (
déménagement, nouvelle maison, nouveaux humains, nouveaux… tout quoi!). Ses cris répétés sont des appels de liaison (contact calls), il recherche son ancienne famille… alors, imaginez le dommage quand vous l’enfermez, quand vous l’excluez. En agissant de la sorte, vous ne faites que renforcer son anxiété, ce qui le rendra de moins en moins apte à s’adapter à ce nouvel environnement qu’est votre maison et votre famille et en plus… vous risquez qu’il vous prenne définitivement en grippe… en le disputant et en l’enfermant, vous vous donnez le rôle du « vilain »(
à ses yeux) et vous n’aidez pas votre cause.
Vous devez tenter d’apprivoiser le petit avant de penser à faire « son éducation ». Il ne vous sert à rien de le disputer ni même de prendre une grosse voix pour lui dire « non ». Il ne comprend pas. Comme je l’ai déjà expliqué dans un autre post, les perroquets ne comprennent pas le principe de « dominance » et disputer EST de la dominance. Au mieux, il vous ignorera, au pire, vous l’effrayerez.
Pourquoi ne pas tenter de le séduire (apprivoiser) plutôt que d’essayer de le contraindre. Vous devez le socialiser à ce nouveau milieu (
effrayant pour lui) en lui faisant visiter votre maison, en l’encourageant à explorer son nouveau territoire et en jouant avec lui. Si vous lui montrez les avantages (
plutôt que les désavantages) de vivre avec vous, tous les comportements que vous déplorez pour l’instant disparaîtront par eux même pour laisser la place à une grande complicité et une envie de s’adapter.
Votre perroquet a été retiré de la présence des parents à 2 semaines, il est donc
dyssocialisé :
C’est le défaut d’acquisition des conduites sociales propres à l’espèce qui se développent normalement en très bas âge dans les premiers mois de la vie (
selon l’espèce) et qui sont indispensables à la vie de groupe. Absence d’apprentissage des règles sociales, des codes ou rituels de communication par vocalisation ou par postures. Le perroquet dyssocialisé n’a pas acquis lors de son développement les mécanismes primaires d’inhibition sociale, il ne sait donc pas comment se comporter avec ses congénères, ne sait pas comment résoudre un conflit
Ce trouble du développement résulte d’une hypostimulation sensorielle durant les 10 à 12 premières semaines de la vie, pendant la période sensible de l’établissement de l’homéostasie sensorielle. Cette pathologie touche donc les oiseaux séparés trop tôt de leur mère et pris en charge par des personnes plus ou moins compétentes. Votre perroquet n’a pas appris (
de ses parents) la morsure inhibée (
et ce n’est que dans de très, très rares cas que l’éleveur prends la peine d’inculque l’auto-contrôle aux jeunes de son élevage). L’apprentissage de la morsure inhibée est la base des comportements sociaux que l’oiseau doit apprendre pour évoluer et être accepté par un groupe social (
personne n’aime se faire mordre fort; ni humains, ni perroquets). Vous devrez le lui enseigner en jouant avec lui… S’il aime jouer avec vous (
soyez stimulant), il apprendra rapidement à contenir ses pincettes (morsures).
Morsure inhibée : C’est le concept du « ne-mord-pas-trop-fort-sinon-je-ne-joue-plus ». Coco s’excite et pince de plus en plus fort… À ce moment, vous annoncez : « Doucement ». Vous cessez de jouer et retirez votre main. Dans cette situation, il est très important d’être prévisible, l’oiseau doit pouvoir en arriver à anticiper (avec l’annonce « Doucement ») l’interruption du jeu et en reconnaître la raison. Vous comptez jusqu’à 10 et reprenez le jeu, la manipulation ou la bagarre avec Coco jusqu’à ce que sa pression se resserre. Vous recommencez la manœuvre, vous répétez encore : « Doucement ». Puis, retrait de la main, attente de 10 secondes et l'on poursuit l’action. Après plusieurs répétitions, votre brute à plumes sera en mesure de faire la relation entre sa maladresse (
la pincette) et votre réaction (
retrait de votre main du jeu). Ainsi, il découvrira (après quelques récidives) le degré de pression de son bec que vous êtes prêt à tolérer sur votre main, et ce, sans hauts cris ni « punition ». Par la suite, si un accident arrive, vous n’aurez qu’à reprendre la formule de prévisibilité « Doucement », pour qu’immédiatement il relâche sa pression dans le but très avoué de continuer à jouer. Pour s’amuser avec vous, Coco ferait n’importe quoi, dont apprendre à contenir ses mordillements. Ce n’est pas plus compliqué que ça!
Jouez avec lui, démontrez-lui comme il est agréable de vivre en votre compagnie, séduisez-le par des pauses câlins-tendresse. Il y a un vieux proverbe qui dit « on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre »… gardez toujours cet adage en tête lorsque vous interagissez avec votre petit youyou, c’est encore la meilleure façon de vous empêcher de gaffer avec lui.
Maman perroquet ne dispute pas ses petits, elle les incite à agir en utilisant… bien oui, le renforcement positif et les parents perroquets servent essentiellement de modèles aux petits (
les jeunes apprennent par incitation et modelage (imitation)). Vous devez être l’élément majeur de la motivation de votre oiseau à bien agir, vous devez être un bon modèle, vous devez devenir l’être d’attachement de votre perroquet et non pas un sergent caporal de l’armée cassant et punitif.
Être gentil, compréhensif et empathique c’est toujours payant… même avec les perroquets!
