Ça faisait un bout que je ne venais plus sur le forum, mais puisque le sujet m'interpelle; je ne relirai pas tout, j'espère que je ne me répéterai pas trop.
Les sacs biodégradables de maïs, effectivement, sont une alternative écologique, mais à très court terme, ce qui est loin de s'imbriquer dans ce que l'on pourrait appeler le «développement
durable».
Il y a plusieurs points négatifs à ces sacs biodégradables de maïs, patate ou betterave.
1. D'après ce que j'en sais (à moins qu'ils aient perfectionné leurs techniques depuis mes recherches passées), ils ne sont pas totalement faits de maïs, mais aussi de molécules conventionnelles. Les molécules biodégradables n'y sont intégrées qu'à un pourcentage précis pour donner une durée de vie aux sacs tout en leur permettant de se dégrader plus vite. Ce qui fait qu'après dégradation, il subsiste des morceaux de plastique qui se retrouvent dans la nature (quoique pour les sacs de chips, je ne sais pas trop).
2.L'intégration de molécule de biodégradables dans les sacs font que ces matières sont irrécupérables au recyclage (et pollue les chaînes de récupération de plastique conventionnelles, en diminuant la durabilité des articles de plastique récupérés... Plus on dilue, moins notre plastique récupéré sera efficace et solide)... il faut donc faire attention à bien mettre à la poubelle les articles biodégradables et non à la récupération, ce qui n'est pas évident pour un néophyte ou pour quelqu'un qui n'aura pas vu le logo sous un sac de magasins, par exemple...
3.Pour être biodégradables, certains sacs de transport se défont très rapidement en morceaux... trop rapidement. Ils sont difficiles à réutiliser longtemps. Avec un peu trop d'humidité et hop, le sac se défait en lambeaux. Vous avez sans doute déjà remarqué, de toute façon... Et même avant d'avoir servi; lorsque je travaillais en librairie, on devait jeter des boîtes entières de sacs neufs simplement parce qu'ils avaient déjà commencé à se désintégrer... Ça, c'est polluant !
4. Comme tu l'as dit, ils prennent des aliments sur une planète qui peine déjà à nourrir tout le monde...
5.Et parce qu'on manque de place pour ces cultures déjà polluantes et en monoculture (qui freinent donc la diversité: il y a des centaines de sortes de maïs, mais on n'en cultive que quelques-unes et on ose même en créer de nouvelles en jouant avec la génétique, comme s'il n'y en avait pas assez), on rase des forêts entières pour avoir les terrains... Et présentement, c'est les pays d'Amérique du Sud qui rasent, dont le Brésil où se trouve une grande partie des perroquets...
Mais bon, pour le sac de chips, je ne connais pas exactement leur procédé. J'ai déjà vu sur un blogue le test que tu fais et ça a quand même été très très long avant qu'il y ait dégradation partielle.
S'ils n'ont pas les désavantages 1-2 et 3 dus aux matériaux qui sont différents, à l'utilisation qu'on en fait et nos habitudes, il en reste qu'il contribue assurément à certains défauts écologiques.
C'est peut-être une avancée (le métal étant très polluant), mais peut-être pas non plus. C'est difficile à dire à ce point. On est rendu à un niveau où il faut des analyses de cycle de vie pour savoir si un produit est meilleur ou non pour l'environnement; c'est dire combien notre mode de vie est complexe et que notre impact reste minime. Ne pas acheter en modifiant notre mode de vie sera toujours la meilleure solution. Quand on veut acheter quelque chose, parfois, il faut se croiser les doigts en prenant un risque de polluer un peu plus. On polluera toujours; le but, c'est de faire notre possible dans le monde où l'on vit. Quand je vois mon voisin brûler des feuilles, que je croise un sac plein de vieilles cigarettes tout éventré en pleine nature... je me dis que choisir ou non le bon sac de chips quand tu as fait de ton mieux, c'est définitivement plus éthique !
Personnellement, je crois que nous protégerons vraiment l'environnement à 100% lorsque nous serons prêts à changer complètement nos vies et que nous reverrons d'un autre oeil tout ce qu'on croit déjà acquis, qu'on reverra notre existence, comme humain. Qui serait prêt à acheter des chips en vrac ? Qui serait prêt à arrêter complètement d'en manger ? Est-ce que le produit est vraiment essentiel à nos vies ? Est-ce que ce genre de produit devrait plutôt être artisanal ? Le nombre de questions à se poser est exponentiel.
J'ai essayé dernièrement de trouver du Yogourmet à l'épicerie IGA pas loin de chez moi. Ils ont une rangée complète de sacs de chips et de liqueurs... mais je n'ai jamais trouvé de Yogourmet pour faire ma première «batch» de yogourt maison. Même chose pour la farine non blanchie, que je dois acheter en petits sacs, parce qu'ils ne tiennent plus de gros nulle part près de chez moi. Je comprends la raison commerciale derrière tout ça, mais ça m'attriste pour notre culture culinaire. Et ça me fait dire que non, je ne crois pas qu'on est prêt à changer...
Bon, ça y est, j'ai encore écrit un roman !
À côté de ces questions morales et sociales très sombres... on va essayer de garder notre bonne humeur, il n'y a rien de mieux pour faire avancer les choses; au moins, je ne suis pas seule qui espère voir un monde moins pollué dans le futur.