Voilà avec le décèes de Molly et Méo j'ai donc fait une recherche sur le net et voici le résultat...
Comme c’est le cas des acariens pour les hommes, les mites font partie presque intégrante de la vie des oiseaux. Il serait donc intéressant d’approfondir nos connaissances sur le sujet, car si les acariens sont nuisibles pour certaines personnes, certaines mites le sont pour nos oiseaux. Entrons donc dans l’immense univers du minuscule et apprenons en un peu plus sur ces petites bestioles tantôt utiles tantôt néfastes selon leur espèce.
Pour comprendre une mite, il faut d’abord savoir que ses ancêtres sont beaucoup plus âgés qu’Adam et même que « Lucy ». En effet, elles ont eu quelques millions d’années pour s’adapter à leur environnement et à leurs hôtes. C’est pour cette raison qu’il est parfois difficile de s’en débarrasser. Il existe plus de 2500 espèces de mites qui se subdivisent en de nombreux ordres et de nombreuses sous-espèces; certaines ne vivent que sur les arbres, d’autres que sur les mammifères et certaines autres, sur les oiseaux.
Pour ne pas trop nous éloigner du sujet, nous ne parlerons que de 6 des 150 espèces qui vivent sur les oiseaux en général, soit celles qui nous intéressent le plus. La plus répandue est la mite de plumes ou mite déplumante, qui compte quelques sous-catégories; il y a également la mite rouge, moins répandue mais tout de même assez fréquente; il y a la mite de sacs aériens qui, comme son nom l’indique, se retrouve dans les voix respiratoires de l’oiseau; il y a la mite de pattes écaillées, la mite nordique de volaille, et finalement, la mite de poule.
Selon l’espèce et l’environnement, le cycle de vie d’une mite peut être complété entre 7 jours et 7 semaines. La femelle pond ses oeufs directement sur l’oiseau ou encore dans la cage, dans les fentes des murs ou dans toutes autres fissures ou coins de la pièce. Une première larve éclôt et se transforme rapidement en nymphe. Il peut y avoir plusieurs niveaux nymphatiques avant qu’elle ne devienne une mite adulte, mais elle est tout de suite munie de pinces qui lui permettent de se nourrir du sang des oiseaux. Contrairement aux insectes, les mites n’ont pas d’antennes et ont quatre paires de pattes.
La mite de plumes
Certaines de ces mite ne sont pas nuisibles (soit les mites astigmata, analgoidera, freyanoidera et pterolichoidera); elles font partie de la microflore des oiseaux. En effet, elles se nourrissent de champignons, de pollen et de peaux mortes; elles ne sont pas visibles à l’œil nu. Les autres mites de plumes peuvent atteindre jusqu’à 2mm de long et sont visibles à l’œil nu.
Si on regarde les plumes d’un oiseau infesté, on aperçoit des petits trous dans les barbules; l’oiseau s’arrache alors les plumes qui ont une apparence terne; lui-même semble plus faible que d’habitude. Il est important de traiter ce problème dès son apparition, car les mites peuvent entrer dans le système sanguin de l’oiseau par l’extrémité du vaisseau qui alimente encore la plume, causant alors beaucoup de dommage. Leur extermination peut se faire facilement, car elles pondent leurs œufs sur l’oiseau; toutefois, certaines peuvent rester cachées dans les murs, les nids ou le plancher pendant des semaines, voire des mois. Il est donc important de tout désinfecter si une infestation se déclare, sinon, vous ne vous en débarrasserez jamais.
La mite rouge
Les mites rouges, avant qu’elles ne mordent, sont grises, ce qui les rend difficiles à déceler. Elles ne sortent que la nuit pour mordre; le jour, elles restent cachées dans le fond de la cage, dans les fientes ou dans les fissures des barreaux. Elles portent le nom de mites rouges, car une fois leur abdomen gorgé de sang, la peau est très mince et il prend une coloration rouge. Ces mites sont très nuisibles pour l’oiseau, car elles l’empêchent de dormir, ce qui finit par l’épuiser et le rendre nerveux. Si l’infestation est importante, l’oiseau s’affaiblira et deviendra plus fragile aux infections en raison de la perte de sang. Les couples d’oiseaux reproducteurs peuvent même aller jusqu’à abandonner leurs petits. D’autre part, à elles seules, les morsures des mites peuvent tuer les oisillons en provoquant de l’anémie! Lorsqu’une telle infestation survient, il est important de bien désinfecter toute la cage et son contenu et de répéter l’opération pendant les deux semaines suivantes.
La mite de sacs aériens
Comme son nom l’indique, cette mite vit principalement dans les voies respiratoires de l’oiseau, s’accrochant aux parois épithéliales des muqueuses. On la retrouve donc dans les sinus, la trachée, le syrinx, les bronches, les poumons, et enfin, dans les sacs aériens. Cette mite peut être transmise par contact direct ou par un parent affecté qui régurgite de la nourriture aux petits ou à l’autre parent qui couve. Elle peut aussi être transmise, mais plus rarement, par les contenants d’eau que les oiseaux se partagent. Lorsqu’un oiseau est affecté, il a généralement le bec ouvert et cherche son air; il peut tousser, cesse inévitablement de siffler, a des sécrétions nasales et finit par perdre du poids. La mort peut même survenir à cause de l’obstruction, par le mucus, des voies respiratoires.
Pour s’assurer que l’oiseau est bel et bien infesté par ces mites, vous pouvez lui mouiller les plumes le long de la trachée, juste sous le bec, jusqu’aux ailes. Puis, séparez les plumes de chaque côté pour dénuder la peau et pouvoir l’examiner. À l’aide d’une petite lampe de poche, éclairez le côté du cou en prenant soin de ne pas brûler la peau; si vous voyez des petits points noirs se promener à l’intérieur de la gorge, le long de la trachée, ce sont bel et bien des mites de sacs aériens.
La mite de pattes écaillées
Cette mite se loge sous « l’écaille » des ergots et des pattes de l’oiseau, formant des boursouflures et des croûtes qui déforment et gonflent ses pattes. Elles laissent de très vilaines cicatrices. Cette mite est très répandue dans les pays chauds et très dommageable pour l’oiseau qui en est infesté. Heureusement, ce problème peut être réglé en appliquant des huiles, telles l’huile minérale ou l’huile de graines de lin, à plusieurs reprises, sur les pattes de l’oiseau.
La mite nordique de volaille et la mite poule
Ces deux mites sont ici décrites ensemble parce qu’elles possèdent plusieurs points communs. D’abord, on les retrouve toutes les deux sur les poules, les pigeons et plusieurs oiseaux sauvages. On peut aussi les retrouver autour des édifices où ces oiseaux nichent. Les oiseaux affectés par ces mites, tant sauvages que domestiques, ont les plumes endommagées et en perdent plus que normalement.
Traitement et prévention des mites
Il n’existe malheureusement pas encore de médicament miracle qui puisse tuer toutes les sortes de mites, adultes ou dans leur coquille, internes ou externes. On peut tuer toutes les mites adultes en utilisant de l’Ivermectin en injections intraveineuses (préférables pour les gros oiseaux seulement) ou en onguent à appliquer sur la peau (moins toxique que les injections, mais se mettre des gants si vous le faites à la maison ). Par contre, ce produit ne tue pas les oeufs ni les larves et le traitement doit être répété 1à 2 semaines après le premier traitement, pour tuer les nouvelles mites, et ce pour un total de 3 traitements. Certaines informations, encore très vagues, laissent croire que le produit Frontline (sous forme de vaporisateur) présentement utilisé contre les puces chez les chiens, soit efficace contre les mites des oiseaux. L’ingrédient actif, le fipronil, s’accumulerait dans les follicules et les huiles de la peau et serait sécrété ainsi sur une longue période (chiens: 3 mois; oiseaux:?). Mais il faut être prudent et utiliser le vaporisateur à 0,29 % et non celui à 9,7 %. Étant donné qu’il ne circule qu’en surface, ce produit ne tue pas les mites internes.
Une autre solution, préventive celle-ci, s’offre aussi à vous; ce sont les petites boîtes à mites comme les boîtes à fourmis qui se vendent dans les quincailleries. On les met dans le fond de la cage et les mites y entrent par les trous ¼ et n’en ressortent plus. Mais ce produit est souvent cher et son efficacité et sa durée plus ou moins fiables.
Finalement, une fois que votre oiseau n’a plus de mites, il faudrait aussi que la maison, la cage, le nid, les barreaux et les murs n’en aient plus non plus ! Il faut de préférence tout désinfecter (bouillir les objets qui peuvent l’être) pour essayer d’éliminer un maximum de mites, car si vous ne les tuez pas toutes, elles iront se cacher dans les interstices de murs, entre les planches de bois et ce, pendant des semaines, selon l’espèce (mites de plumes en particulier). La meilleure chose à faire est de consulter votre vétérinaire sur le ou les produits à utiliser pour stopper l’invasion.
Mais tout de même, la meilleure chose est encore la prévention! En gardant propre l’environnement autour des cages, vous diminuez de beaucoup les risques d’infestation, car les mites n’ont pas la possibilité de se propager. Il faut aussi éviter de faire entrer ou d’héberger des oiseaux ou rongeurs sauvages dans la maison, car ceux-ci transportent plusieurs mites transmissibles, même sans contact direct, à vos cocos. Il faut aussi se méfier des nids d’oiseaux ou d’écureuils qui auraient pu être construits sur la maison, car lorsqu’on les détruit, les mites infestent la maison à la recherche d’un nouveau domicile! Alors, règle générale, tenir l’environnement propre et prévenir tout contact avec les animaux sauvages, voilà la clef du succès pour garder Coco en santé.
Adeline Lehmann
http://www.aqap-qc.com/articles_details.asp?aId=41