par GCedrik » Mar Avr 15, 2014 1:03 pm
Bonjour à tous:)
J'aimerais discuter avec vous aujourd'hui d'un sujet qui affecte les humains de plus en plus et nos amis psittacidé en captivité.
J'ai eu la chance au colloque aviaire en fin de semaine de discuter avec Marie-Thérèse d'anxiété et de dépression chez les psittacidés, et comment beaucoup de ces troubles sont créés par une absence d'identité adéquate chez l'oiseau, résultat d'une imprégnation à l'être humain plutôt que par ses parents perroquets, résultant donc en un oiseau qui ne sait pas vraiment ce qu'il est.
Le but de la discussion serait de voir ce qu'il peut être possible d'être fait raisonnablement (et non dans une utopie de monde de calinours).
Il est déjà solidement établi qu'un déraillement dans les premières étapes de la vie d'un être humain causera chez lui des ravages psychologiques à très long terme, pouvant souvant durer toute une vie. Alors je n'ai pas de difficulté à croire qu'il en sera de même chez les perroquets.
Par exemple, mes parents se sont divorcés quand j'avais 6 ans, et j'en porte encore aujourd'hui une fragilité dans mes relations amoureuses. Pourtant, ça fait déjà 18 ans et je suis très solide dans d'autres domaines (carrière et études par exemple). Je peux vous dire que les progrès se font à compte gouttes, que la route est pavée d'anxiété profondément ancrée et que ça prend tout mon petit change pour déraciner mes insécurités dans ce domaine de ma vie, et je ne ménage aucun effort pour y arriver.
Alors je crois que ce n'est pas tiré par les cheveux de croire que des perroquets retirés de leurs parents porteront une fragilité dans leur psychisme leur vie durant, ce qui mènera possiblement à des problèmes de comportement, puis à un cycle d'abandon / adoption, le tout étendu sur des décennies, vue l'espérance de vie des plumeux. Ça fait de la souffrance longtemps ça. Je n'ose pas imaginer tout le travail, le support et la durée du travail pour réhabiliter un psychisme ravagé de cette manière (en tout cas, c'est le cas chez l'homo sapiens, je peux vous le confirmer).
Maintenant, j'ai l'impression que les plus vulnérables sont les espèces les plus développées intellectuellements, soit les gris d'afrique (surtout le congo), les amazones, les aras et les cacatoès (corrigez-moi si je me trompe, vous avex probablement des expériences à raconter).
Alors je lance la discussion (peut-être encore, si vous en avez déjà parlé dans le passé):
* Devrions-nous laisser le bébé à ses parents jusqu'à temps qu'il soit complètement sevré avant de le conditionner à la présence humaine, de manière à réduire à tous le moins la dépendance excessive à l'humain, la fragilité dans son psychisme et tous les problèmes que cela peut entraîner? Est-ce même réaliste de penser que cela pourrait se faire?
* Sinon, que pourrions-nous faire pour réduire au minimum les dommages psychologiques créés chez l'oiseau retiré de ses parents, tout en gardant à l'esprit la réalité du commerce, des coûts d'entreprise que cela pourrait engendrer (bref, ce que les humains seraient prêts à faire dans un monde réaliste)?
* Enfin, LA grosse question, pensez-vous qu'un tel oiseau serait plus difficile à socialiser / créer un lien satisfaisant avec lui, qui nous permettrait d'intéragit autant avec lui qu'un oiseau imprégné à l'humain?
P.S.: L'idée générale d'absence d'identité adéquate chez l'oiseau ne vient pas de mon cru mais bien de celui de Marie-Thérèse. Je n'avais jamais pensé à cela avant de lui parler au colloque en fin de semaine. Je lui accorde alors le crédit en conséquence.
Pixel - Ara Chloroptère