Le bec est une zone particulièrement sensible chez les perroquets. Il est très vascularisé et fait partie des zones très sollicitées lors des parades « amoureuses » et de l’accouplement.
Les « zones érogènes » de nos perroquets peuvent différer d’une espèce à l’autre.
Ex : chez l’amazone, la tête, le cou, les joues et la région du bec seraient … disons les « points G » de ces oiseaux-là. Lors de parades de séduction, ces régions sont celles de prédilection des caresses et des papouilles.
Par contre, chez le cacatoès, toutes les parties du corps sont sensibles au contact et lors de parades, ces oiseaux se touchent partout, partout. Disons que les cacatoès un « éros » très prononcé et… zéro inhibition… même pas une petite gêne.
Alors, dans un
contexte de captivité (et là je ne parle pas d’oiseaux en nature), qu’est-ce qui est considéré normal :
Normal : Il est normal qu’un animal sexué (avec toutes ses options) ait des pulsions sexuelles… qu’il ne peut pas réfréner.
Anormal : Que cet animal ait de telles pulsions avec un animal d’une autre espèce (l’humain).
Normal : Pourtant, il est considéré « normal », dans les cas d’empreinte aberrante, qu’un animal puisse ressentir du « désir » envers l’objet de l’empreinte, dans ce cas-ci l’humain, et lui adresse des conduites sexuelles de façon toute naturelle. - (
L’impression filiale induit l’empreinte sexuelle de l’oiseau (caractéristique du parent, de l’espèce)).
Dans une relation inter-espèce, les comportements de pariades ne débouchent pas sur un acte sexuel à but procréatif… Dans un contexte de captivité, ces attitudes servent surtout à l’appariement ou renforcer la cohésion entre les partenaires (attachement) et pour le perroquet « domestique », ce partenaire… c’est vous.
Ainsi, le perroquet aura envers l’humain, les mêmes comportements sexuels stéréotypés (
relatifs à l’espèce) qu’il aurait « normalement » avec un congénère tel et entre autres, le changement motivationnel de l’échange alimentaire (régurgitation); la femelle réagissant fortement aux stimulations tactiles et démontrant des comportements de quémande et l’offrande nuptiale du mâle (régurgitation) correspondant à l’échange alimentaire pratiqué entre le parent et le petit.
Enfin, je ne vais pas faire une thèse sur le sexe de nos oiseaux (
sujet pourtant fort intéressant à approfondir), mais le but de mon post est de vous faire comprendre que le comportement sexuel de votre oiseau est tout à fait naturel et qu’il n’y a aucune raison de le réprimer (
à moins qu’il ne devienne pathologique parce que l’oiseau évolue dans un milieu hypostimulant, mais ça c’est une autre histoire).
En captivité, à cause de l’abondance des ressources, certains perroquets, les femelles surtout, demeurent en mode « séduction » à longueur d'année et un rien les stimule. Il sera alors normal qu’elles se montrent « aguichantes » dès que nous posons les mains sur leurs petits corps. Si le comportement est naturel et « normal », il n’y a pas de raisons de s’empêcher de toucher son oiseau ou de limiter nos touchers qu’aux parties qui ne sont pas « stimulantes » pour l’oiseau (
avec un cacatoès, le seul point non-stimulant est le bout des griffes… et encore 
).
Ainsi, Lilianne, ma petite amazone et Chichou, Morgane et Maria, mes filles cacatoès se « priment » et « turn ON » simplement parce que je les regarde… à ce compte-là, est-ce que je devrais aussi éviter de les regarder?
Alors, ne vous privez surtout pas de caresser votre oiseau (
du moins, s’il apprécie ce genre de rapprochement) et pour ce qui est des autres, laissez votre perroquet choisir lui-même de qui il accepte (ou non) ce genre d’intimité.
