J'ai du temps aujourd'hui... fiiiinalement une vraie journée de congé,

où j'ai le temps de faire encore plus .... j'ai donc le temps de venir updater un peu mon post.
Bon le food management, ou la gestion alimentaire:
je consulte mon carnet de bord.... nous sommes rendus au jour 50. Mes oiseaux sont vraiment en santé, il ne semble rien leur manquer. Côté poids, il y avait de petites variations, de 3-5 grammes maximum, vers le haut ou vers le bas... Tout ça semble stabilisé maintenant et ils sont tous dans leur poids "normal" à chaque pesée, chaque soir à peu près à la même heure, avant leur repas du soir.
Pesho pèse entre 244 et 248 grammes.
Akilles toujours aux alentours de 120-122 grammes.
Echo elle a même PRIS du poids, et c'est celle dont le poids varie encore souvent, entre 306 et 313 grammes.... pourtant elle a la même quantité de bouffe, elle mange bien, ne finit pas tout alors pas d'inquiétudes de ce côté-là...
Les variations de poids présentement sont dûes surtout à leur forraging pendant la journée, tout dépendamment de ce qu'ils ont mangé entre le repas du matin et celui du soir. Est-ce que ce sera des amandes ou autres noix (plus gras) en forraging, ou des tournesols germés en clicker training, ou du birdy bread, ou des légumes (frais ou en purée)... c'est ce qui change de jour en jour et c'est ce qui cause les variations...
Pendant que les 2 indiens semblent s'être habitués très bien à ce beat, et même que souvent ils n'ont même pas assez faim pour finir leurs bols de moulée au complet... Echo elle semble plus réticente de manger des légumes par exemple, alors certains jours elle mange plus de moulée que d'autres... on doit travailler encore là-dessus avec elle.
Le nouveau truc qu'on fait depuis la dernière semaine, c'est que je tente de régulariser la portion de légumes aussi.
Le matin ils ont une quantité non-mesurée de germinations avec leur ratio de moulée lui mesuré précisément (15 grammes pour les gros et 7 grammes pour le petit). Mais pas de fruits ou légumes. En fait, ils n'y touchent pas le matin, donc why bother?
Plutôt ce que je fais c'est que vers 4-5h de l'après-midi je leur fais un bol de légumes en cubes, pas une grosse variété, juste des trucs que j'ai dans le frigo (courge, carotte, patate douce) ou que je fais le souper avec si je suis à la maison comme ce soir (poivron, concombre, roquette....). À cette heure là j'ai découvert qu'ils en raffolent, que ce soit dans un bol ou sur le comptoir, ou sur un perchoir, Pesho et Akilles adorent croquer dans un bon légume!!! (comme je disais, Echo est un peu plus difficile, elle c'est les purées qui la font tripper, les légumes frais c'Est trop FROID

et elle me fait un "tsk" et détourne la tête! Quelles manières!)
Et puis, bon le repas du soir, un autres 15 ou 7 grammes respectivement de moulée seulement pour souper!
Donc tout va bien là!
Les oiseaux sont plus actifs. Ils se tolèrent mieux aussi.
En guise d'exemple, Pesho maintenant vole de long en large de la maison sans arrêt à journée longue. Il joue aussi, va chercher des jouets de pattes, fouiner. (ok parfois il est dans la cuisine, et s'il atterrit sur le comptoir on aime moins ça,

mais bon) Il est actif! Il a même maintenant le droit d'aller dans la pièce où se trouve Echo (sa cage) sans qu'elle l'attaque! Elle commence elle aussi à le tolérer. Et je crois que le fait qu'il n'y ait plus de bols remplis de bouffe dans les cages ça enlève beaucoup à la territorialité l'un envers l'autre. Ils n'ont comme plus rien à protéger (ok pas RIEN, mais MOINS) et donc les attaques sont beaucoup beaucoup plus rares. Ye!
Je voulais en fait vous parler un peu aussi des comportements hormonaux. Surtout que chez mes oiseaux les hormones sont directement liées au picage des plumes (Pesho et Echo) et donc ce côté de la gestion de leur environnement a un intérêt pour moi.
Dans la nature, les perroquets n'initient pas un comportement reproductif avant que les ressources qui leur sont disponibles ne deviennent plus abondantes, au printemps par exemple.... (Il faut toujours garder en tête aussi que plusieurs perroquets proviennent de l'hémisphère sud, donc les saisons sont inversées dans leurs cas.... et d'autres proviennent de l'hémisphère nord, alors vivent physiquement les mêmes saisons que nous..... ce sont tous des calculs à faire ça!) Donc ce moment, avant la saison d'abondance, est clé. L'oiseau est bien nourri, bien en santé, mais n'a pas de stimuli.
Donc si vous pouviez garder votre oiseau dans ce moment exact, où le dosage est sous-abondant mais sain, pour la plupart du temps de l'année, vous pourriez réduire le comportement hormonal. En gardant la nourriture à un niveau qui est toujours suffisant pour le perroquet unique, seul, sans famille (dites-le comme vous voulez), mais qui n'est pas assez pour les autres activités, vous les dissuadez fortement de se produire et ce de façon naturelle.
Si vous ne suralimentez pas votre oiseau, les comportements de territorialité, d'aggressivité, de couvaison (les femelles tout le temps broody qui se cherchent un trou et qui le protègent par exemple) devraient diminuer naturellement.
Ok, vous allez me dire qu'il y a d'autres déclencheurs qui stimulent les hormones, et oui vous avez raison. Nous les avons longuement discutés à plusieurs reprises sur ce forum. Il y a la luminosité, les matériaux à déchiqueter, les calins.... etc etc. Oui c'est sûr que si on veut avoir un plein contrôle sur nos perroquets over-hormonaux, il faut en faire plus que juste par la bouffe. Et certains de ces déclencheurs nous pouvons les contrôler, d'autres nous ne pouvons pas. Toutefois, n'est-cepas mieux de mettre toutes les chances de notre côté? Et si la nourriture est l'un de ceux que nous pouvons contrôler, n'est-ce pas une bonne idée de l'utiliser pour compenser ceux que nous ne pouvons pas?
C'est l'une des choses qui peuvent réduire considérablement le comportement hormonal parce que sans l'excès alimentaire, il ne peut y avoir aucune ponte, etc. Je pense surtout aux perroquets femelles. Mais chez les mâles ça voudrait dire aussi ne pas avoir d'excédent de nourriture à régurgiter en essayant de se trouver une partenaire.
Le problème en fait est que quand nos oiseaux se retrouvent dans un état hormonal et reproductif, leurs désirs ne peuvent pas être remplis. Et il ne faut pas en tant qu'humain devenir le partenaire de son oiseau, car ça cause un tas de troubles psychologiques, on le sait! On n'arrête pas de le dire! Je ne parle même pas ici de nids, nichoirs, ou pontes d'oeufs, mais je parle de flirt, de séduction, de recherche d'un nid, ou d'aggression à ses premiers stades. Justement ce qu'on peut appeler la "displaced aggression" (j'ai lu un article là-dessus hier, quand un perroquet est fru contre quelque chose d'autre mais sans savoir comment exprimer sa frustration, il mord son humain à la place, par exemple) pourrait très bien venir d'une poussée hormonale à la base.
Donc il est évident que nous, l'humain, n'allons pas tolérer que notre oiseau se trouve un nid, et le remplit, et le protège, et nous attaque.... ceci va nous causer des problèmes dans NOTRE habitat humain. Donc on peut faire ce qui est disponible à nos moyens pour réduire les déclencheurs de la période hormonale: manipuler les heures de lumière disponible par exemple, même si d'autres déclencheurs, tels que les cycles d'humitidé, nous ne pouvons pas nécessairement contrôler (encore là..... peut-être un peu).
C'est sûr que ça dépend des espèces d'oiseaux aussi... certains ont les hormones plus intenses que d'autres et le manifestent autrement aussi...
De toute façon, là où je m'en allais avec tout ça c'est que la disponibilité excessive de nourriture est quand même un des principaux facteurs rapportés par les scientifiques qui influencent le comportement hormonal chez les perroquets. Sans surplus de nourriture, le corps de l'oiseau ne peut tout simplement pas se permettre de laisser d'autres choses se produire, la priorité est de se nourrir soi-même avant d'élever et de nourrir une famille, un point c'est tout. Et c'est encore plus important aussi de mentionner la nourriture fraîche. Pour les espèces, comme les perruches (grandes ou petites) ou les inséparables, qui se nourrissent principalement avec des grains germés et des fruits, c'est bel et bien à la période reproductive que ces aliments frais sont le plus disponibles dans la nature. Et c'en est un stimulus supplémentaire!!! Je ne dis pas ne donnez plus de germinations ou de légumes... donnez-en! Mais n'en faites pas la principale nourriture de votre oiseau à longueur d'année.
C'est pourquoi plusieurs s'entendent pour dire que le food management est une des méthodes les plus efficaces pour faire face au problèmes de surdose hormonale.
Pour finir, et je ne veux pas enrager personne en disant ceci, mais il ne faut pas oublier que la culture et la science et la recherche sur les oiseaux de compagnie sont relativement récentes (nos oiseaux le sont aussi, encore très proches génétiquement de leurs ancêtres sauvages) et sont basées sur les oiseaux d'élevage principalement. Et qu'est-ce qu'on fait avec les oiseaux en élevage? En général, on veut qu'ils aient les hormones dans le tapis et qu'ils produisent des petits tant de fois par année (je ne rentre même pas dans le débat des poulets et des poules pondeuses, ça c'est dégeulasse!!!). Alors tout ce qu'on sait sur les perroquets et toutes les leçons qu'on nous a enseigné depuis des années proviennent principalement d'éleveurs.
Et maintenant, on se prend la tête à trouver des moyens que nos oiseaux de compagnie n'aient pas de peak hormonal à l'année longue!!! Je crois qu'il faut vraiment revenir en arrière et reviser nos bases avant tout!
Je vous laisse sur ces articles extrêmement intéressants de HARI au sujet du Hormonal Overdrive, dont plusieurs chercheurs découvraient dernièrement que ça réduisait l'espérance de vie des perroquets en captivité:
Is your parrot in hormonal overdrive?
Part 1:
http://www.hari.ca/is-your-parrot-in-ho ... overdrive/
Part 2:
http://www.hari.ca/is-your-parrot-in-ho ... ve-part-2/
Part 3:
http://www.hari.ca/is-your-parrot-in-ho ... ve-part-3/