Pour avoir moi-même appelé à la Régie pour obtenir des renseignements, je sais le parti-pris CONTRE les proprios qu'on y entretient. Mais j'ai quand même réussi à mener un recours à terme, quand un locataire ne payait plus son loyer. C'est pas trop long, heureusement. Il a été évincé, mais je ne reverrai JAMAIS l'argent qu'il me doit (1600 $) même si j'ai une ordonnance de la cour, car je dois d'abord trouver le loustic (son adresse actuelle), lui écrire une mise en demeure, lui envoyer les huissiers (frais d'environ 600 $), et s'il est pauvre ou malin, il n'y aura rien à saisir : soit qu'il n'a rien ou que tout est au nom de quelqu'un d'autre. C'est finalement assez facile d'échapper à ses obligations légales pour un locataire.
Par ailleurs, la locataire suivante avait un petit chien, mais elle ne ramassait pas ses crottes sur MA pelouse... Comme elle n'avait pas signé de bail, je lui ai donné un mois pour partir (sur accord mutuel) alors qu'elle me devait 1300 $ de loyer impayé (et me les doit toujours).
Quand un locataire fout le camp sans payer, bonne chance pour le retrouver : ça m'est arrivé avec un troisième locataire. Prenait bien soin des lieux et tout, mais me doit toujours un mois...
Je trouve que c'est bien ce qui se fait en Colombie-Britannique.
Pour ce qui est de la fréquence des visites, ici au Québec, le proprio a droit à une vraie visite d'inspection en règle par année. Moi j'évite d'aller chez mes locataires à moins d'absolue nécessité car je veux respecter leur vie privée. Tant qu'ils paient le loyer, sans détruire ni déranger, je n'a pas d'affaire chez eux. Ça s'appelle la «jouissance des lieux» dans le Code.
Je ne vais pas chercher le chèque du loyer c'est eux qui cognent à ma porte pour l'apporter. Bon des fois faut leur téléphoner quand ils oublient.
Pour ce qui est de tisser des liens, ça dépend vraiment du locataire (bon, de la proprio aussi, mais je pense être relativement sympa!) et de sa disposition. J'ai eu d'excellents locataires, polis, cordiaux, attentionnés même et j'en ai eu d'autres qui faisaient monter ma pression rien qu'à penser à eux tellement ils étaient mal embouchés. J'étais toujours très heureuse quand ils partaient.
Ce n'est pas tout le monde qui peut être proprio, c'est parfois stressant, on a des obligations, il faut supporter de se faire marcher sur la tête quand on vit au rez-de-chaussée. Les locataires m'aident à payer mon hypothèque, le locatif c'est un investissement mais il faut aussi prévoir des pertes (merci à mon comptable de s'en occuper). De mon côté je m'efforce de répondre à leurs besoins aussi vite que possible (réparations etc.). Personnellement, j'ai donné et je pense qu'après dix ans, je vais vouloir revendre pour m'installer dans un petit bungalow tranquille sur un grand terrain avec mes piouts.
La grosse paix sale!



