Toronto interdit la vente de chiens et de chats

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Toronto interdit la vente de chiens et de chats

Messagepar Mijo » Jeu Jan 31, 2013 10:26 pm

Les animaleries ne pourront plus vendre de chiens ni de chats sur le territoire de la ville, sauf s’ils proviennent d’un refuge pour animaux. Un exemple pour les municipalités du Québec?

Les évènements se bousculent dans l’industrie des animaux de compagnie. Après la chaîne de magasins PJ’s Pets, qui vient d'abandonner la vente de chiens et de chats pour en promouvoir l'adoption, voilà que Toronto veut couper l’herbe sous le pied des «éleveurs de fond de cour» en leur fermant la porte des animaleries.

Les usines à chiots, dénoncées depuis des années par les groupes de défense des animaux, sont tristement célèbres pour l’élevage intensif qu'elles font de plusieurs races de chiens dans des conditions pitoyables et à des fins purement mercantile.

La décision de Toronto arrive au lendemain de la saisie de plus de 500 chiens sur une ferme de l’Outaouais, la plus grosse à survenir au Canada jusqu’à présent. «C’est une nouvelle extraordinaire! On aimerait que la Ville de Montréal adopte un tel règlement», dit Alanna Devine, directrice de la protection des animaux à la SPCA de Montréal.

Les CAACQ (Centres d'adoption d'animaux de compagnie du Québec) sont aussi très enthousiastes: «Les Villes peuvent jouer un rôle important dans le bien-être des animaux de compagnie. Une interdiction aiderait à mettre un terme à la reproduction industrialisée et à la vente au détail des chiens et chats», dit Johanne Tassé, présidente de l'organisme.

À Toronto, les animaleries pourront proposer uniquement des animaux provenant de refuges, d’organismes de secours animal et de dons du public.

«Nous demandons la même chose aux maires et conseils des villes défusionnées dans l'espoir que l'idée se rende jusqu'à la Ville de Montréal et à toutes les autres villes du Québec, dit Johanne Tassé. Le maire de Gatineau, Marc Bureau, a déjà manifesté son intérêt à suivre l'exemple de Toronto.»

Ces initiatives suffiront-elles à mettre fin à l’élevage intensif des animaux de compagnie? «C’est un excellent moyen de couper les vivres aux usines à chiots. Surtout que Toronto est un très gros marché pour elles. Qu'attends donc Montréal?» dit Gabriel Villeneuve, de la SPA Canada, un organisme qui fait de la sensibilisation auprès du public et des élus.

Montréal emboîtera-t-elle le pas?

Les organismes de défense des animaux trouvent que les villes du Québec traînent la patte comparativement à plusieurs autres villes nord-américaines, où les services de gestion animalière sont très bien structurés.

Selon toute vraisemblance, Montréal a les pieds et poings liés: «La Ville n'a pas le pouvoir juridique d'interdire une activité économique comme la vente d'animaux dans les commerces», explique Martine Painchaud, attachée de presse au Cabinet du maire et du Comité exécutif de Montréal. Rien à faire, donc? «Nous travaillons avec un comité d'experts pour uniformiser la gestion animalière sur Montréal. Nous voulons mettre en place les meilleures pratiques», dit Mme Painchaud.

Ainsi donc, pas moyen de serrer la vis davantage aux usines à chiots, comme à Toronto? «C'est Québec qui réglemente le commerce des animaux. À la Ville, nos chartes et lois nous l'interdisent. Nous pouvons par contre faire des recommandations au gouvernement du Québec.»

La Ville de Montréal promet d'ailleurs une annonce importante prochainement au sujet de la gestion animalière sur son territoire. À suivre.



Possible au Québec?

Certaines municipalités ont pris les devants face à la crise qui sévit présentement. L'arrondissement de Verdun, par exemple, fait bonne figure en obligeant ses résidants à faire stériliser leurs animaux. Et il a aussi mis sur pied une Charte du bon comportement du gardien d'un animal.

«Mais on est très loin de Toronto où les services de contrôle animalier sont municipaux. Là-bas, il n’y a aucune fourrière à but lucratif, c’est la Ville qui prend en charge la population animale sur son territoire», dit Alanna Devine, directrice de la protection des animaux à la SPCA de Montréal.

De son côté, la SPA Canada entend intensifier la pression: «On a Verdun d’un côté et Toronto de l’autre, deux extrêmes en termes de taille. Pourtant, les deux ont trouvé des solutions pour endiguer le problème. Verdun n’a peut-être pas interdit la vente d’animaux, mais en obligeant la stérilisation, l’arrondissement a trouvé un bon moyen dissuasif», constate Gabriel Villeneuve.

Les élus en mal de solutions – ainsi que les citoyens qui veulent en savoir plus – sont invités à assister à la conférence du gourou canadien de la gestion des animaux, Bill Bruce, directeur des Services animaliers de la Ville de Calgary, qui sera de passage à Montréal les 28 et 29 octobre prochains. Pour plus d'information, visitez le site Web des CAACQ.

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